Quatorze heures d'urgences.
Je reviens avec un pantalon version communiste, l'armée rouge sur les talons. Quand je marche, je laisse une jolie flaque d'hémoglobine, alors du coup, Isa, Netsabes, Snoopers et Tommyx - par ordre alphabétique - m'emmènent aux urgences (d'ailleurs, je tiens à leur dire merci d'être restés :) ), à Saint Louis. Il est deux heures du matin.
L'interne est très gentille, et sympathique, mais un problème semble surgir : je suis mineur, et il n'y a aucun membre majeur de ma famille sur Paris. Et je suis tombé dans le seul hôpital parisien aussi pointilleux là-dessus qu'un orang-outan sur le terme "singe".
Je suis ressorti quatorze heures plus tard, mon frère est venu de Nantes en train pour me libérer.
D'un autre côté, ça aurait pu être pire. Il aurait pu pleuvoir.
Bqck to Tibulle !
« Avant tout, je tiens à m'excuser par avance si ce que contient cette lettre te peine ou t'attriste. Moi aussi, je déplore que ça doive se terminer comme ça. Six ans, quand même.
Depuis quelque temps, déjà, ce n'était plus pareil : nous n'étions plus vraiment heureux, ensemble. Depuis quelques mois, je songe à une rupture : autant le dire une fois pour toutes, plutôt que de laisser notre relation agoniser lentement, comme un oiseau blessé. J'espère que nous pourrons rester amis, ou au moins en de bons termes : ce serait dommage d'effacer le souvenir de ces six ans, de les oublier sous prétexte qu'ils sont désormais révolus.
Cher latin, adieu. »
Ce matin, oui. Je suis tombé sur un texte de Tibulle. Traduction du texte surligné, et commentaire de l'ensemble du passage.
Deux-trois erreurs de traduction ("inmiti" placé avec "faber", alors que c'est "saevus", qui a sensiblement le même sens), et quelques cafouillages à l'oral - notamment pour la "question bonus", où l'examinatrice a dû avoir envie de m'envoyer à l'Asile. Du coup, je ne pense pas dépasser seize - c'est-à-dire que je pense avoir une note inférieure à seize. Non, mais on ne sait jamais, pour les jeans du fond.
À part ça, eh bien, je suis libre. Plus jamais de latin. Libre. Libre.
Bqck to the qwerty !
La finale de Prologin 2006, c'était ces deux derniers jours. Trente-six heures pour coder un programme, qui, par la suite, affrontera ceux des autres candidats.
Je n'ai pas dormi beaucoup. Sur 36 heures, entre dix-huit et vingt ont été passées devant l'ordinateur, à programmer sous Vim en Qwerty. Cq lqisse des trqces.
Le sujet était très intéressant, à base de De Lorean, d'almanach, de retour vers le futur dans le passé et de sous à gagner dans des casinos. Je ne connais pas encore le classement, excepté une chose : je ne suis pas dans les dix premiers (sur quatre-vingt seize participants). Eux, on a leur nom. Mon algo était naïf, mon code assez sale, je pense être plutôt dans la moyenne.
Entre lq bataille d'eau, le gigantesque bain de mousse, et le stroboscope en salle machine, c'etait absolument geniql.
Un conseil, si vous installez Ubuntu ...
C'est un peu court, jeune homme. Je viens de passer une heure à la redimensionner à 5 Gio, à grands renforts de CD Live, Gparted et attente anxieuse. Parce qu'après tout, c'est utile de ne pas oublier que par défaut, /tmp est sur la partition racine ; et que /tmp, c'est bien quand il reste de la place dedans.

Voilà, c'est fait.
Une autre astuce, parce que de toute façon tout le monde s'en moque éperdument : Rhythmbox, livré par défaut, a tendance à planter un peu tout le temps : Quod Libet, c'est bien mieux.
L'éternité, ça dure longtemps ?
Il faut dire qu'un squelette de deux mètres de haut, avec une grande cape noire et une faux, ça aide.
Tout de même, je suis un peu déçu : je m'attendais à un tunnel avec une grande lumière blanche, et des tas de jolies filles qui m'attendraient avec des cocktails et des pommes de terres. Ou, au moins, un gros moche tout rouge avec des cornes et des flammes tout autour, et une sorte de voix off par dessus. Le minimum, quoi.
Eh bien, que dalle. Depuis vingt et une heure, douze minutes et trente-sept secondes, je m'ennuie.
Il y a bien eu le grand type du début, avec sa faux, qui m'a annoncé la nouvelle et m'a raconté deux ou trois blagues ; mais il est vite parti, en me disant qu'il avait du boulot et qu'on viendrait s'occuper de moi. La mort, ce n'est plus ce que c'était, si vous voulez mon avis. Je veux dire, il aurait au moins pu rester un peu plus, histoire que je comprenne la chute de celle avec le curé, l'ornithorynque et les trois poireaux.
La mousse de saumon, mon cul. Y avait du sang partout, quand je suis retourné voir dans ma chambre. J'aurais bien vomi, mais j'avais mon estomac sous les yeux. Ça n'aide pas. D'un autre côté, je sais enfin de quoi j'ai l'air, vu de l'extérieur. D'un cadavre.
À la réflexion, il y a bien eu quelqu'un d'autre, un espèce de petit machin bleu, il y a quelques heures, avec des poils partout genre fourrure. J'espère que ce n'était pas trop important, j'ai marché dessus sans faire exprès. Ça a fait "poutpout", et après, il y avait une grosse flaque bleue, c'était drôle. Je suis quand même bien emmerdé, si ça se trouve, j'ai fait une connerie avec le poutpout. J'espère que je ne vais pas me réincarner en mouche ou en asperge, pour le coup.
Vingt et une heure, quatorze minutes et vingt-cinq secondes. J'espère que je ne vais pas passer l'éternité à poireauter, j'ai des trucs à faire, moi.
Quoique, vu les circonstances, je pense que je peux annuler un ou deux rendez-vous pour demain.
D'accord, tous.
Vingt et une heure, quatorze minutes et quarante-trois secondes.
Ça va être long.
Samoth, binaire, récidive.
Entre autres modifications :
- le modèle physique de l'église est désormais défini "à la main", histoire d'éviter les problèmes en tentant de le générer à partir du modèle 3D.
- le système de vue troisième personne a été légèrement modifié
Et d'autres trucs.
Vous pouvez le télécharger, le tester et en faire des sushis à cette adresse.

Samoth : binaire, juste histoire de.

Voilà. Reprenons, donc.
Comme je n'ai accès à un ordinateur* sous Windows que pendant mes vacances, j'en profite pour compiler une version win32 ; comme ça, je peux prouver au monde entier que, non, je ne vis pas dans un monde imaginaire. Au fait, si vous croisez Azraël, dites-lui que je l'attends pour manger samedi.
Ce binaire est compilé à partir de la version actuelle de développement ; du coup, il n'est pas parfait. Entre autres défauts, on peut citer le fait que ce n'est même pas une pré-anté-alpha-RC1, qu'on ne peut quasiment rien faire, et que c'est moche.
Si vous souhaitez le tester (le binaire), il suffit de télécharger et de dézipper ce fichier (13.9 Mo). Toutes vos critiques sont les bienvenues, bien entendu, et je me ferai personnellement un plaisir de venir vous casser les dents.
Ah, j'oubliais : le site du projet, au cas où tous les pixels de la moitié droite de votre écran seraient morts. Si vous êtes modeleur, programmeur, concepteur d'interfaces-pas-aussi-moches-que-les-miennes ou traducteur, et que vous avez envie de vous nourrir de riz et de pâtes jusqu'à la fin de votre vie, viendez !
* C'est un bien grand mot. Ce truc pourrait également être qualifié de boulier.
Celui qui n'a jamais rêvé.
Il est deux heures du matin, et il contemple son plafond : cette nuit, comme chaque nuit, il ne dort pas. Dormir n'arrive qu'aux autres. Calmement, sans un bruit - surtout, ne pas la réveiller - il se lève, s'habille. Il sort dans la rue, dans l'air froid, et commence à marcher. Il aime bien la ville ; elle non plus ne dort jamais.
Il croise à plusieurs reprises des fêtards attardés, qui errent dans l'obscurité, trop éméchés pour savoir où aller. Il entend leurs rires, il sent leur haleine, leurs pensées confuses, embrumées. Il les ignore, et passe à côté d'eux. Ils ne le remarquent pas. Il ne sait pas vraiment pourquoi, mais la nuit, personne ne le remarque.
Ah, ça y est, ça commence. Comme chaque fois, il est pris au dépourvu : un instant, il n'est guère plus qu'une silhouette, une ombre qui passe ; et tout à coup, il sent cette soif dans ses veines, ce fourmillement dans ses ongles. Il aimerait bien pouvoir l'éviter, ne pas ressentir cet appel. Etre normal. Il sait qu'au petit jour, il rentrera chez lui, la soif éteinte et sans forces. Se glissera près d'elle, sans la réveiller. Exsangue.
Déjà, il commence à rayonner, doucement. Une faible lueur s'échappe de ses artères, nimbe ses doigts ; il entend son coeur battre de plus en plus lentement, s'arrêter, se taire. Il se mord les lèvres, tente de résister. Il a du mal à marcher, titube, tombe. Souffre. Et cède.
Il se relève. Ses tempes bourdonnent. Ses yeux, de noirs, sont devenus verts ; ses lèvres paraissent plus pâles, ses doigts plus longs. Il n'a plus mal, mais il n'est plus lui. Plus vraiment. Comme chaque fois.
Il lève les bras en croix, et commence à avancer. La lueur est plus forte, plus vive : à travers ses vêtements, on devine le réseau des capillaires, son sang qui circule. Il illumine la rue, mais on ne voit pas ses traits, trop flous, trop imprécis. Il marche. De ses bras étendus semble jaillir quelque chose d'indéfinissable, l'idée d'une chose plutôt que la chose elle-même. Des sons, des lumières, des images. Des rires, des pleurs. Des songes.
Il continue d'avancer pendant des heures, comme chaque nuit. Il a de plus en plus de mal à poser ses pieds. La souffrance revient. Il trébuche. Il le perçoit confusément, cette nuit-là sera sa dernière : le froid, la fatigue lui brouillent la vue. Déjà, ses veines sont presqu'éteintes. Il n'en peut plus, il s'effondre. Il ne verra pas l'aube.
Un homme meurt, et les autres dorment. Ils ne rêveront plus.
Le bonheur coûte cinq euros cinquante - tarif étudiant.
Vous êtes un peu perdu, un peu déçu. Vous avez besoin d'amour, besoin de merveilleux, et désespérez un peu. Le monde vous semble étriqué, mesquin, vous avez l'impression de vous être fait avoir : vous rêvez d'une princesse, d'un coup de foudre, et tout ce que vous trouvez, c'est la banalité de tous les jours. C'est mon cas.
Pas de problème, des gens pensent à vous, à moi. Il suffit d'aller au cinéma. Voir La Doublure, par exemple. L'histoire de types un peu paumés mais très gentils, qui trouvent le bonheur. Chacun s'identifie à eux, évidemment ; chacun souffre un peu avec eux, sourit avec eux. Et, évidemment, à la fin, les gentils gagnent. Et tous ressortent, plus légers, avec le sourire.
On vous donne de l'espoir. On vous prête des illusions. On vous vend du rêve. Rien de solide, juste du vent. Pour quelques euros, une bouffée de magie dans les veines. Mais dans la vraie vie, le gentil paumé, il le reste souvent. Paumé, je veux dire. Les coups de foudre et le bonheur, ça n'arrive généralement qu'aux gens dans les films. Alors, du coup, on tombe. On souffre.
C'est méchant de donner de l'espoir : quand il s'en va, il laisse un trou. Et il ne reste plus rien.
Rechercher
Quelques mots ...
Lecteur, avant toute chose, je me dois de t'avertir du contenu de cet encart. Je ne vais pas m'y étendre sur ce que je suis, ou ne suis pas. Non pas pour ne pas t'ennuyer, c'est le cadet de mes soucis pour le moment ; mais pour ne pas trop en dévoiler. Ce blog est le mien, et m'est dédié de long en large : me dépeindre - ou tenter de le faire - en quelques mots serait, plus qu'une erreur, un mauvais calcul. Et je déteste faire de mauvais calculs, ça me frustre. Adoncques, voici plutôt quelques liens fort intéressants, que je t'encourage vivement à suivre, mais pas trop loin non plus, il s'agit de revenir après : Samoth, le site d'un projet de jeu de rôle libre, statique, un suissien bien plus intéressant que moi, et le château de ma mère, où ça cause bouquin par écran interposé. On n'arrête pas le progrès.
Articles importants
- Thrice
- [06/04] The US are far (Retour)
- Emeth
- Bon, puisque c'est comme ça, je vais me recoucher.
- Un rêve en blanc ?
- Écriture à contrainte
- Si l'on enfermait un singe dans une boîte totalement hermétique avec une machine à écrire radioactive, est-ce qu'il composerait l'intégrale des oeuvres de Shakespeare avant d'être à moitié mort ?
- as she waits
- La Machine à créer des Héros
- Éthano
- À pic !
- Voyez !
- Anyway
- Des dangers de devenir brugnon
- Chandelle
- Avant ?
- La vérité, c'est très surfait
- Words, words, words
- Je voudrais pas crever
- Céphalée (6)
- Céphalée (5)
- Céphalée (4)
- Céphalée (3)
- Céphalée (2)
- Céphalée (1)
- Pour une plus juste répartition des bombes
- Taxinomie et bordel ambiant
- Comptine pour l'enfant huître
- Sympathy
- Tréfonds
- Générique
- Ecce homo
- Death of a clown
- Hammer song.
- Au passage, elle attend toujours.
- Pas facile d'être misanthrope : il m'a fallu bien des années.
- Ce triste sire
- Je crois ...
- (Et c'est trop cher pour vous)
- Réécrivons l'histoire
- 3
- Tant que cela te réussit.
- 2
- 1
- La porte.
- Vous échouez toujours
- Avant.
- Journal de vrac d'en bord.
- Fugitive
- Ballade en nature.
- Saint Con 2007
- Le coeur n'est qu'un organe, et l'on sait les greffer
- Vendu
- Pourtant, j'avais des ailes, avant.
- Arkham
- Un coucou régulier ...
- Passage à vide.
- À une passante.
- Et le vent sous mes bras qui ne sont pas des ailes
- Antoine.
- La jalousie est un vilain défaut.
- J'ai peur de mourir.
- C'est réciproque.
- Sept cent trente-deux grammes et un bec.
- Les cailloux se cachent pour mourir.
- Je suis un loup pour l'homme.
- L'éternité, ça dure longtemps ?
- Celui qui n'a jamais rêvé.
- Sauf moi.
- Gris.
- This product is meant for educational purposes only.
- Stairway to Heaven
- À quoi bon ?
- Sans faire de bruit ...
- Game Over.
- Le jour le plus long.
- Même pas mal.
- Chute.
