Sauf moi.

Sauf moi.
Maudit entre tous, maudit mille fois, je suis encore là, cherchant refuge dans les quelques restes d'ombre qui peuplent encore la terre. Jadis, j'étais l'égal de ces dieux défunts, j'étais la Peur. Nul n'osait prononcer mon nom trop fort, moi que rien ne pouvait arrêter, moi qui apportait la mort et la souffrance. Je commandais aux enfers, et tous me haïssaient. J'étais le croc dans le noir, la menace inexprimée. Ils sont tous morts. Sauf moi.
Beaucoup ont essayé de m'occire. Parfois, ils ont réussi, mais on ne peut vraiment me tuer. Jamais tout à fait. Soumis au feu dévorant du soleil, je suis revenu. Blessé dans ma chair par cette eau qui me brûle, j'ai guéri. Marqué par le fer, la tête tranchée, je me suis relevé. Réclamant, chaque fois, vengeance, pour ces décennies à souffrir. Nul n'a jamais trouvé grâce à mes yeux, nul n'a jamais échappé à mes crocs. J'ai tué plus d'êtres que vous ne pourrez jamais imaginer, sans jamais hésiter. J'ai porté à mes lèvres plus de gorges innocentes qu'il n'en existe, j'ai bu à leurs veines le liquide de la vie, et je les ai aimées, l'espace d'un instant. Tout ce sang, si rouge, toutes ces victimes, si pâles.
J'ai tiré ma puissance de la crainte et du sang, j'ai fait trembler jusqu'aux plus braves. J'étais l'ombre dans l'ombre, la mort silencieuse et sans merci. J'étais le Vampire.
Ils sont tous morts, désormais. Sauf moi. Terré dans le trou qui me sert d'abri, je contemple cette ville, emplie de gens qui ne me craignent plus, et j'attends le jour. Je ne reviendrai pas, cette fois.
Qui que tu sois, merci !
Ah, tiens, le moment de pur bonheur n'est pas fini, il me reste à aller à la Poste, faire des courses, et vider les poubelles. Il pleut, en plus, tout est gris, et
Juste avant de remonter, je me souviens que j'ai un bout de papier, dans la poche. Un colis à aller retirer chez le concierge, ou plutôt, en l'occurrence, sa femme, que j'apprécie autant que les invasions de chameaux et les agressions à la perceuse.
Et là, surprise : il n'y a pas un colis chiant, mais un colis chiant et un colis tout court. Vu que le premier est adressé à ma soeur, la grande, qui a toujours oublié de signaler à toutes les régies publicitaires qu'elle avait changé d'adresse, je m'en désintéresse aussitôt, et arrache fébrilement l'emballage du second.
Hallélujah. Ouaip. Parce que ce qui se découvre devant mes yeux incrédules, puis devant le reste de ma personne, c'est rien moins qu'un coffret daÿvaydaÿ, sur lequel j'avais vaguement posé une option, en occasion et en décembre, sur amazon. Et il est là, devant moi ! Lui.

Je suppose qu'à l'autre bout, quelque monnaie a été débitée de la karthebleux de ma Mère, mais qui se soucie de ces vils et mesquins détails matériels ? À part ma mère, je veux dire.
Alors je cherche et je trouverai ...

Je sais, j'ai une carte Imagin'R. Je sais, le sport, c'est mauvais pour la santé. Je sais, l'air parisien me fera cracher mes bronches, et me changera en petit truc rose à fourrure. Je sais, le bus, c'est pas pour les chiens. Mais m'en fous, je veux un vaylo !
Conseil de classe : appel à tous les lapins.
Malgré mon superbe huit virgule zéro de moyenne en volley (je suis dernier de la classe en EPS o/), il y a des chances que j'aie la prépa que je souhaite, l'année prochaine, si aucun lapin ne prend le président en otage.
Reste plus qu'à avoir mon bac.
Monde cruel, pourquoi ? Pourquoi !?
Un pan entier de ma vie vient de s'achever, fait de joie, de rire et de, je m'en rends maintenant compte - trop tard, de bonheur. Rien ne sera plus pareil, désormais ... Je suppose que je n'ai plus qu'à prendre ma peine en patience, et tenter d'oublier. Noyer mon chagrin dans le travail, l'alcool., les femmes et la drogue. Non, seulement le travail, je n'ai pas assez d'argent pour les autres.
Pourquoi, pourquoi a-t-il fallu que ça arrive ? Pourquoi ?!
Ce jour, à jamais, sera marqué pour moi d'une pierre noire. Ce jour infâme, ce jour terrible qui ruina mon existence ! Ce jour affreux où moi, petit être naïf et innocent, j'ai vu mes espoirs se briser en morceaux et tomber en miettes autour de moi, comme autant d'oiseaux aux ailes brisées, attendant la mort d'un air trahi et résigné. Ce jour si misérable où j'ai vu le dernier épisode de Futurama.
Adieu. Inutile d'essayer de me consoler, je sais que j'ai tout perdu. Je n'ai plus rien à attendre de la vie : si l'on me cherche, je serai au trente-sixième dessous.
Les elfes, c'est tous des phoques.
Gris.
Le réveil sonne, sur la petite table de métal lustré, à côté du lit. Inutilement, comme chaque fois : ses yeux sont déjà ouverts. Il a l'habitude d'être déjà éveillé quand la sonnerie se fait entendre ; d'ailleurs, il ne dort plus, ou presque. Il se dépêtre maladroitement de ses couvertures, constatant avec une brève lueur de surprise que, cette fois encore, elles sont aussi froides que si personne ne s'était blotti dedans. Il se dirige vers la douche ; ah, non, d'abord, démarrer l'ordinateur. Presqu'un rituel, immuable. En chemin, il s'arrête pour jeter un coup d'oeil à son miroir, qui lui renvoie l'image grise d'une figure grise. Reflet sans couleurs, un peu flou. La faible lumière, sans doute.
Il détache son regard du miroir. Ça ne veut rien dire, il le sait bien. Il a la vie dont il rêvait, un travail stable. Il est quelqu'un d'important, à l'abri du besoin. Il a des responsabilités, de l'argent. Des filles aussi, parfois - des filles interchangeables, belles, désirables ; rarement longtemps la même, depuis qu'elle est partie. Non, ne pas y penser, pas à elle. Il a une voiture, un bel appartement, il donne des ordres. Il n'a pas de soucis. Il a ce qu'il voulait. Mais il s'ennuie, un peu.
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Quoi qu'il en soit, je suis à peu près sûr que c'était avant qu'une passante ne me demande de la déshabiller. Je me suis méfié, bien sûr, alors je lui ai d'abord donné un coup de pelle, une jolie pelle, d'ailleurs, je sais plus trop où je l'avais achetée, mais on n'en fait plus, des commes ça, avec les plombiers polonais qui viennent manger notre chocolat et voter Hollande aux élections, alors qu'ils n'ont même pas de tulipes dans le cul, je vous demande un peu. C'est à ce moment-là que les ours sont arrivés, mais je les avais vus venir, des ours bruns avec un museau noir et des cigarettes que c'est sans doute même pas du tabac, on me la fait pas, à moi, alors je me suis caché derrière une poubelle et j'ai pris mon épée +5 avec dégâts de feu, pas celle de glace parce que je n'aime pas le foot. Je crois que je n'ai plus de parmesan, va falloir que j'en rachète, ou alors je vais encore devoir me limer les ongles, parce que j'ai froid. Ils ont essayé de voler la jeune fille, mais je les ai eus par surprise et par derrière en même temps, et je me suis enfui en courant de côté et en faisant des bruits avec ma bouche, un peu comme ça, vous voyez : j'ai eu un peu de mal à éviter les météorites, au début, jusqu'à ce que je décide de me protéger avec un couvercle de ciseaux que je venais d'attraper dans le bocal.
Ah, le sang, vous voulez dire, Votre Honneur ? C'est un complot des socialistes, je n'ai jamais tué de chat. Ou bien, j'ai oublié, ou alors, c'était Sarkozy. Enfin, bon, ça compte pas, et de toute façon, ça va bientôt être l'heure du feuilleton.
Comment ça, la jeune fille ? Ben, j'ai fait ce qu'elle avait demandé, et je l'ai jetée dans la Seine, parce qu'elle avait soif et que je ne trouvais pas de tournevis ni de cocotte-minute. Elle m'a dit qu'elle savait skier, en même temps, et elle était même pas rousse. Ensuite ? Eh bien, ensuite, j'ai mangé des pâtes au gingembre, et je me suis changé en loup. C'est pour ça que j'ai des puces, vous voyez. SALOPE, SALOPE ! Ah, non, ça, c'est pas ma faute, c'est que j'ai été mordu par une tourette, alors depuis je suis possédé par le Dalaï-Lama, ou alors c'est Nixon, je sais jamais, faudrait que je prenne mes pilules mais j'en ai plus depuis que je me suis fait manger par un loukoum. Excusez-moi, Votre Honneur ? Non, je ne crois pas. Attention, je vais devoir vous laisser, j'ai Euclide sur la troisième, qui dribble la défense, et oui, oui, il se rapproche, il saute, il MARQUE ! OUUUIIII ! Une tronçonneuse ? Moi ? Non, je suis humain, enfin presque. Oui, je sais, ça, c'est depuis que j'ai mangé un rat, vous comprenez, il m'avait parié que je ne le ferais pas, alors j'ai dû le jeter par la fenêtre avec sa cravate. Vous n'auriez pas du parmesan ?
Régression.
"IL FAUT COMMENCER PAR APPRENDRE À CROIRE AUX PETITS MENSONGES.
- Et alors on peut croire aux gros ?
- OUI. LA JUSTICE. LA PITIÉ. LE DEVOIR. CES CHOSES-LÀ.
- Ça n'a rien à voir !
- TU CROIS ? ALORS PRENDS L'UNIVERS, RÉDUIS-LE EN POUDRE TRÈS FINE, PASSE CETTE POUDRE AU TAMIS LE PLUS SERRÉ ET ENSUITE MONTRE-MOI UN SEUL ATOME DE JUSTICE, UNE SEULE MOLÉCULE DE PITIÉ. ET POURTANT ..." La Mort agita la main. "ET POURTANT LES HOMMES AGISSENT COMME S'IL EXISTAIT UN ORDRE IDÉAL DANS LE MONDE, COMME S'IL EXISTAIT DANS L'UNIVERS UN ... UN ÉTALON DU BIEN À L'AUNE DUQUEL ON POURRAIT LE JUGER.
- Oui, mais ils sont obligés de croire ça, sinon à quoi bon ...
- C'EST BIEN CE QUE JE DIS."
Quand on est jeune, on ne comprend pas vraiment ce qu'est la réalité. On pense que ses rêves pourront devenir vrais, on se croit exceptionnel. On pense que le monde, après tout, ce n'est jamais qu'une sorte d'histoire ; qu'en fait, il a été créé pour nous, qu'on en est l'unique raison d'être. On ne doute pas.
Et puis on grandit, et puis on s'aperçoit que ce n'est pas vrai. Que nulle part, dans l'univers, les mots "rêve", "justice" et "amour" ne sont prévus dans le script. Ça fait mal, de perdre ses certitudes. Un coup bas, en plein dans les illusions.
En fait, on ne comprend pas plus que quand on était enfant, on est toujours aussi naïf ; mais on perd toute spontanéité. Peu à peu, on devient des atrophiés de l'imagination. Imaginer, à quoi bon ? Ça sert à quoi ?
On se transforme en machines, dénuées d'espoir. On sait faire des choses, oui ; on a appris, étudié, vécu ; on sait. Suffisamment pour perdre foi en ce qu'on croyait avant, en tout cas.
Le problème, c'est qu'une machine ne devrait pas pouvoir se souvenir. Se rappeler qu'avant, ce n'était pas comme ça. Une machine avec une mémoire, un être sans espoir qui sait confusément qu'auparavant, il en avait. Peter Banning privé de ses ailes, et qui s'en rend compte.
Une machine ne devrait pas savoir ce qu'elle était, imaginer ce qu'elle aurait pu être. À quoi bon ?
"IL N'Y A PAS DE JUSTICE. IL N'Y A QUE MOI."
Prologin, tout ça
Aujourd'hui, c'était le grand jour : celui où je séchais la philo, pour partir dans Paris, le nez au vent et les oreilles en trompette, visiter les locaux de l'EPITA pour y passer quelques heures de franche rigolade à programmer des algorithmes. Et ce, dès huit heures quarante-cinq. En plus, le petit déjeuner était fourni, ce qui m'aurait permis de me sustenter un peu si je n'avais pas été trop timide pour prendre un pain au chocolat. En fait, j'ai découvert que tout le monde l'avait déjà fait, avant que j'arrive, mais ce n'est pas grave : j'ai juste passé quatre heures à réfléchir le ventre vide.
Car, oui, ça a débuté par quatre heures sur table, devant une feuille blanche. Épreuve écrite d'algorithmique : un sujet, intéressant, et choix du langage que l'on veut. Je n'ai pas vraiment tout réussi, rien de grave. C'est toujours sympa de programmer sur papier, mais ça manque de Ctrl+Z.
Ensuite, évidemment, repas - barbecue. Passons sur la crème anglaise.
Et puis là, voici se profiler l'épreuve machine : des exercices qui se succèdent, un ordinateur pour programmer, un serveur où l'on soumet les sources, qui y sont compilées et testées. Vraiment une bonne expérience, mais le stress, vers la fin, c'est frustrant - il suffisait de compléter cette %#$! de chaîne avec des '0', et j'aurais fini ce foutu exo !
Travailler en console sous Vim, ça ne me dérange pas, mais en revanche, ils auraient pu éviter le clavier qwerty. ffs.
PS : si quelqu'un veut les exos, qu'il me le fasse savoir.
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Quelques mots ...
Lecteur, avant toute chose, je me dois de t'avertir du contenu de cet encart. Je ne vais pas m'y étendre sur ce que je suis, ou ne suis pas. Non pas pour ne pas t'ennuyer, c'est le cadet de mes soucis pour le moment ; mais pour ne pas trop en dévoiler. Ce blog est le mien, et m'est dédié de long en large : me dépeindre - ou tenter de le faire - en quelques mots serait, plus qu'une erreur, un mauvais calcul. Et je déteste faire de mauvais calculs, ça me frustre. Adoncques, voici plutôt quelques liens fort intéressants, que je t'encourage vivement à suivre, mais pas trop loin non plus, il s'agit de revenir après : Samoth, le site d'un projet de jeu de rôle libre, statique, un suissien bien plus intéressant que moi, et le château de ma mère, où ça cause bouquin par écran interposé. On n'arrête pas le progrès.
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