Vous comprendrez donc, en Hollande
Ajimoincätr, il est grand temps de parler d'autre chose, par exemple des singes à cul nu dévoreurs de tropiques. Ce que je ferais avec grand' joie et bonheur non mêlé, si seulement je savais quelque chose à leur sujet - ce qui n'est pas le cas, n'écoutez pas les racontars. Changement de sujet.
Dès qu'on évoque la Hollande surgissent, pêle-mêle, des images de volutes de fumée, de champignons douteux et de femmes en vitrine. C'est d'ailleurs exactement ce dernier point qui m'intéresse, qui fait l'objet de cet article : une chambre en Hollande.
Pierre Bergounioux signe ici un livre complètement atypique : ça commence sur les chapeaux de roue, entre les Gaulois, les Romains, Jules César et compagnie ; trois pages plus loin, on en est au Moyen-Âge, puis la Renaissance arrive, et c'est Cervantès, Bacon et Spinoza. Et Descartes.
Parce qu'en fait, ce livre, court, direct et jaune comme une banane accrochée à une flèche, traite de Descartes. Descartes, ou pourquoi un Tourangeois est parti s'exiler en Hollande pour écrire son oeuvre majeure, et révolutionner la philosophie.
Pourquoi la Hollande ?
Note : 14/20
Dans un autre genre, tout autre genre, il y a un titre. Ce titre, quand même ! Il contient tout, il résume tout, il allèche, appâte et al dente s'il vous plaît : un titre qui choque et provoque, insolite comme le fantôme d'un jazzman dans la station Mir en déroute.
Maurice G. Dantec, avec un G. comme dans tec, écrit de la science-fiction. Soit, ça peut arriver aux meilleurs d'entre nous.
Il écrit aussi plutôt bien, semble-t-il : c'est fluide, pas désagréable. Le narrateur nous conte ses aventures, dans un futur plutôt beaucoup trop proche et probable à mon goût : atteint, tout comme sa compagne, d'un neurovirus qui le rend extralucide, extrasujet à des phases de dépression profonde, et extrarecherché par les services sanitaires, il est en fuite après plusieurs braquages. Sinon, jusqu'à la moitié du livre, on ne sait rien de lui.
La fin est un mélange de 2001, Odyssée de l'espace et de Matrix avec des bouts de l'Apocalypse selon St-Gustave : un peu dommage, je trouve, mais bon, du moment qu'Elvis est là pour les titres des chapitres ...
Note : 12/20
Je passe sur Laborit, parce que je ne suis pas certain de pouvoir résumer l'intégralité de La nouvelle grille sans trahir le livre, ce que j'en ai compris et ce qu'il aurait fallu comprendre ; et c'est au tour d'Orphée. Enfin, Eurydice, ou plutôt une Eurydice actuelle. Vous comprendrez donc, donc. Donc.
La parole est à la nouvelle Eurydice - son nom, nous ne le connaîtrons jamais, pas plus que celui de son Orphée à elle, le poète qui est venu la chercher dans cette Maison de repos, endroit sombre, gris, immense où l'on se rend quand notre santé ne nous permet plus de supporter la vie "dehors". Un long monologue de 54 courtes pages, où elle s'adresse au "Président" de la Maison, le remercie de la faveur qu'il leur a accordée, lui peint son amour, ses craintes, lui parle de son homme, de la vie en bas, de ce qu'elle regrettait d'en haut. Où elle met à nu, avec des mots toujours justes, son coeur, sans tomber dans le lieu commun, jamais, jamais de guimauve, juste la vérité, on ne peut rien cacher au président de toute façon. Où elle témoigne d'une histoire d'amour, une vraie, qui a survécu à la vie, et ensuite à la mort.
Et où elle explique pourquoi Orphée s'est retourné.
Note : 17/20
Rofl.
Les heures passent bien trop lentement. Les jours se succèdent bien trop rapidement. Il y a, quelque part, un salopard qui fait le con avec le temps, ou avec ma tête.
Ben ouais : les concours approchent, et je dors mal.
Je voudrais pas crever
Quand j'aurai prononcé tous les mots prononçables
Crié chacun des cris qu'une gorge renferme
Chanté sur tous les tons chacune des chansons
Imité jusqu'au bruit d'un avion qui se poseQuand j'aurai enfoui mil ducats dans les sables
Et dérobé la lune au milieu du ciel
Mené la quête, enfin, du Graal à son terme
Et en Chine repeint cette muraille en roseQuand j'aurai intégré l'ordre des francs-maçons
Vu danser un curé sur une tête d'épingle
Ecouté un lapin déclamer du Molière
Croisé un dromadaire au milieu de la jungleQuand j'aurai vu demain ressembler à hier
Et chaque jour nouveau n'apporter que du vieux
Alors, il se peut bien que je pardonne à Dieu
De m'avoir fait mortel.
Céphalée (6)
Et en plus, elle tourne. Les vibrations du rotor se propageant dans mes veines, puis dans mon corps entier, mes os et mes muscles, qui entrent en résonance ; la mèche entrant en en rotation, si vite qu’elle en devient indistincte … le sentiment si fort, si suave de la vengeance à venir, ce désir frénétique et presque insoutenable de la goûter déjà … c’est sûr, le paradis n’est pas loin. Juste. à. escalader. encore. les. deux. fichus. mètres. restants. Ouch. Enfin, me voilà dans le boyau, armé jusqu’au poignet, prêt à en découdre. L’arène, bientôt, le sang sur le sable et les cris de la foule ; je peux presque les sentir, ces petits salopards, enfin je pourrais presque si mon odorat n’était pas déjà sollicité par ma propre fragrance. Mais qui aurait cru que le vieil homme eut encore tant de sueur dans le corps ? Passons.
Vif et rapide comme l’éclair du cobra, je les ai cueillis par surprise. Mouvements impeccables, précision, tout en fluidité et en souplesse : en une fraction de seconde, j’en avais déjà étendu sept, perforés à mort, et leur ignominie s’écoulait lentement sur le sol froid et dur. Le reste d’entre eux était totalement désorganisé, estomaqué, je crois, par ma percée initiale. Et pendant qu’ils demeurent pantois, je tourne, virevolte, et troue, implacable et funeste. Je me fends et poinçonne, et les ennemis tombent. Je suis l’ange de la mort, nabots infâmes ! Je suis la nuit sans lune, le fléau sans nom, l’alpha et l’oméga !
Et c’est fâcheux, mais l’oméga commence à fatiguer, et il en reste un bon paquet, des nabots infâmes. Arrière, vermine ! Non, pas trop près. Reculez, engeance ! Fuyez devant mon courroux ! S’il vous plaît. Merde, d’où il sort, Goliath ? Plus loin, canaille ! Non, ça, ça fait mal. J’ai dit, pas ça !
« Font chier, ils recommencent, avec leur boucan pas possible. C’est pas croyable !
- Papa ?
- Ah, c’est bon, ça s’arrête. Pas trop tôt.
- Papa ? L’eau qui coule du robinet, elle est toute rouge. »
Céphalée (5)
Marrant, ça : j'étais persuadé de l'avoir déjà postée il y a bien longtemps, cette partie-là.
L'eau était froide, encore plus qu'avant. Froide et affreusement mouillée, et la violence du courant n'arrangeait rien : je suis tétanisé, mes vêtements me gênent, je gèle et à tout moment j'ai peur de sentir quelque chose agripper ma cheville - agripper, dans le meilleur des cas. Comme si cela ne suffisait pas, je me dirige droit vers des rochers, et je me suis déjà cogné une douzaine de fois, ce qui serait gênant si une hémorragie externe n'était pas le dernier de mes soucis. Car, oui, je risque de mourir asphyxié, et ça, ça me préoccupe : ma dernière inspiration date de maintenant bien trop longtemps, et je ne vois pas la fin de ce tunnel sous-rivièrain. Mes poumons me font mal. Je commence à suffoquer. C'est vraiment trop bête ! Mourir sans avoir vu Venise ... De l'air, sauvé ! Oh, merci, merci, merci mon dieu, merci pour avoir inventé les grottes et l'oxygène, merci pour avoir prévu une contenance moyenne de la cage thoracique suffisante pour que je ne meure pas tout de suite ! Je suis sauvé, je verrai Venise ! Enfin, un jour. Quand je sortirai d'ici. L'avantage principal de cette grotte, c'est qu'elle semble complètement vide : plutôt grande, bien fournie en stalactites, eau courante. Une seule pièce, toutefois, et je ne suis pas totalement affirmatif en ce qui concerne la ligne téléphonique. On dirait qu'il y a une autre entrée, par là, assez haute pour que je puisse m'y faufiler ; et ça, qu'est-ce c'est ? Un tas ? Bizarre, de laisser ça ici ... ça ressemble à ... non, quand même pas ... Un tournevis. Une ponceuse. UNE PERCEUSE. Électroportative ! Hallelujah ! Une perceuse géante, et un blouson de cuir ! Fidèle revolver à court de munitions, dis bonjour à ton remplaçant.
I got to admit, it's getting closer ...
Dès ce soir, mesures drastiques en ce qui concerne mon ordinateur. Désolé, mon gars, c'est pour la bonne cause : je te rallumerai à la fin des cours.


Et le petit "8:30 Mathématiques" du 15 mai, là, pour les ENS ... ça dure 6 heures.
Ni les voiles au loin ...
Retour d'une semaine de révisions en Normandie avec des amis : et le mieux, c'est que réviser nous fîmes. Minimum six heures d'exercices et de cours par jour, sous l'oeil placide des vaches qui paissaient en paix. Le bonheur est dans le pré, et ces idiotes le broutent.
On a quand même visité Deauville - c'est au mieux décevant, aussi artificiel que la jeunesse de notre présidente consort, aussi animé que le cerveau de notre pape. Honfleur, en revanche, est très agréable à visiter, beaucoup plus "authentique" (et infiniment moins ennuyeux).
Céphalée (4)
Je ne sais pas comment j'ai fait, mais j'ai fini par m'endormir. Si l'on se réveille, c'est que l'on a dormi, non ? Et un bon bout de temps, d'après ma montre. Il faut croire qu'ils ont fini par m'oublier - ou alors, je suis vraiment très fort.
D'ailleurs, profitons-en pour déterminer où je suis. À l'odeur, le local à poubelles n'est pas très loin ; mais aux dernières nouvelles, il n'y a pas de terre ni de ... de rivière près du local à poubelles. C'est malin, je suis trempé, maintenant. Ils pourraient mettre des torches, ou je ne sais pas, des néons dans leurs galeries, ces gens-là ! J'en toucherai un mot au syndic. Une rivière, donc. Je suppose que la suivre n'est pas plus bête qu'autre chose, au point où j'en suis - et puis, le trajet me dégourdira les jambes. Et c'est joli les lucioles.
J'avais manifestement tort. Suivre une rivière inconnue, quand on ne sait pas où elle va, c'est bête. Vraiment stupide. D'un autre côté, mes petits amis ont l'air très heureux de voir que je viens de marcher vingt bonnes minutes pour les rejoindre. Autour du feu, ils sourient tous à pleines dents.
Voyons ... C'est probablement le bon moment pour réfléchir, et réfléchir très vite. Derrière moi, il y a le boyau dont je viens, et ou je me trompe fort, ou il y a déjà une bonne dizaine d'entre eux qui le bouche. À gauche, une autre ouverture dans la ... grotte ? Trop éloignée, je n'aurai pas le temps de l'atteindre, et en plus l'odeur qui s'en échappe est vraiment trop atroce. Atroce ? Fétide, plutôt. Oui, fétide est le mot adéquat, atroce est bien trop vague, concentre-toi, bon dieu. Non, il n'y a pas d'issue, cette fois je suis fait comme un rat, un rat complètement encerclé qui plus est, je n'aime pas les rats avec leurs dents et leur petit museau sournois et les miasmes qu'ils propagent. Ils approchent, ils approchent. Pas d'issue, si seulement je savais nager j'essaierais de voir où mène la rivière qui s'enfonce entre les rochers juste là à deux pas mais ils approchent et je commence à paniquer sévère et je sais nager bordel !
Plouf.
Céphalée (3)
Je les ai regardés bouche bée. Ils m'ont regardé bouche béante. Quelques secondes ont passé. Ils m'ont sauté dessus. Je me suis évanoui, lâchement.
Dès que j'eus repris conscience, j'ai essayé de la perdre à nouveau : j'étais porté à bout de bras par les créatures, encore plus nombreuses qu'auparavant, et nous progressions cahin-caha dans ce qu'il faut bien appeler un tunnel, faute de mot adéquat pour désigner un réseau de souterrains creusé dans les murs du 7e étage d'un immeuble parisien. Je saignais d'un peu partout, comme si une meute de chats m'avait confondu avec une pelote de laine géante parfumée à la souris, et je ne parvenais pas à me départir de l'impression tenace que quelque part, j'avais un peu perdu l'initiative. Qui plus est, je commençais à avoir sérieusement envie d'aller aux toilettes - mais ça, à la limite, je pouvais gérer.
Pendant qu'on me transportait si aimablement, j'ai fait le point sur ma situation, et essayé de déterminer comment m'en tirer avec le minimum de dommages corporels et le maximum de gloire, pour moi bien sûr. Comme je n'aboutissais à rien, j'ai fini par faire ce que font tous ceux qui ont un pistolet dans leur poche : je l'ai pris, et j'ai tiré dans le tas. Et je suis tombé par terre.
Apparemment, j'en avais salement amoché un, et les autres fixaient le corps étendu par terre, qui commençait déjà à embaumer assez violemment. Ensuite ils m'ont fixé. Ils ont à nouveau fixé le corps. Ils paraissaient hésiter entre deux options, et l'une d'entre elles avait l'air de me concerner ; heureusement, c'est l'autre qui l'a emporté - d'un coup, ils ont tous bondi sur la dépouille, et ont entrepris des choses pas très nettes qui impliquaient leurs dents, leurs mains, et leur feu copain. Ce n'était pas spécialement beau à voir ; d'un autre côté, ils semblaient avoir plus ou moins oublié ma présence, alors j'ai profité de l'orgie pour me carapater dans le noir. J'ai couru à droite, à gauche et dans les parois un bon moment, avant de m'effondrer, hors d'haleine et totalement paumé.
Et me voilà, au milieu de nulle part, perdu dans des tunnels peuplés de petites saloperies cannibales, couvert de griffures, et complètement sourd. Je suis fichu, c'est certain.
Papillon-san
J'ai toujours mon système immunitaire sur le qui-vive, du moins j'espère (s'il a baissé les bras, je suis mal barré) : la sinusite est doublée d'un mal de gorge, et refuse de rendre les armes avant épuisement des forces des deux participants. Je commence à entrevoir la fin du tunnel, quand même : de toute manière, elle se lassera avant moi.
Hier soir, après une journée passionnante partagée entre la chaise devant mon ordinateur et le lit sous mon livre, j'ai rassemblé les quelques débris de volonté et de forces qu'il me restait, me suis habillé, et suis parti prendre le métro - le vélo, par ce temps, était exclu : c'est à cause de ça que mon front est colonisé - pour Bastille, car c'était le jour de mon cadeau de Noël : la première fois que j'allais à l'Opéra. Voir Madame Butterfly, de Puccini.
J'avais prévu large, ne sachant pas du tout comment se déroulaient les entrées, à quelle heure, etc. : j'ai donc attendu environ une heure dans le hall de l'Opéra, avant d'aller à ma place, et de continuer mon livre en attendant 19h30.
L'opéra était vraiment pas mal, à peine gâché par des douleurs dès que je bougeais la tête ; n'y connaissant rien, je manque de points de repères pour comparer, mais je suppose que ce n'est pas un opéra "classique" : bien qu'en italien, il se déroule au Japon, au début du XXe siècle ; de plus, la mise en scène était très stylisée, très "orientale" : mouvements lents, postures tenues ... l'histoire est simple, mais poignante (un américain achète son mariage avec Miss Butterfly, pour agrémenter son séjour ; elle, l'aime. Quand il part, elle garde espoir, et élève seule son fils en attendant son retour ; mais il revient, marié, chercher le fils ; de désespoir, elle se suicide). La seule scène que je n'ai vraiment pas pu supporter, c'est au moment où le fils en question, pendant 5 minutes, se déplace lentement sur la scène, sans que nul ne pipe mot, en bougeant de manière pseudo-gracieuse, et ce sans que cela n'ait aucune signification ni justification dans le déroulement de la pièce.
Globalement, j'ai quand même trouvé Puccini très "romantique" : la musique est belle, très ample : il joue sur les émotions, sans jamais de contraste très violent (il n'y a pas vraiment de brusque passage endiablé, ou d'accélération soudaine du tempo). Une très bonne expérience : Noël prochain, je demande Wagner ou Mozart, pour voir :)
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Quelques mots ...
Lecteur, avant toute chose, je me dois de t'avertir du contenu de cet encart. Je ne vais pas m'y étendre sur ce que je suis, ou ne suis pas. Non pas pour ne pas t'ennuyer, c'est le cadet de mes soucis pour le moment ; mais pour ne pas trop en dévoiler. Ce blog est le mien, et m'est dédié de long en large : me dépeindre - ou tenter de le faire - en quelques mots serait, plus qu'une erreur, un mauvais calcul. Et je déteste faire de mauvais calculs, ça me frustre. Adoncques, voici plutôt quelques liens fort intéressants, que je t'encourage vivement à suivre, mais pas trop loin non plus, il s'agit de revenir après : Samoth, le site d'un projet de jeu de rôle libre, statique, un suissien bien plus intéressant que moi, et le château de ma mère, où ça cause bouquin par écran interposé. On n'arrête pas le progrès.
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