Céphalée (2)

posté le 04 février 2009 à 17:12

Première partie.

Je suis fichu, c'est certain. Ce n'est qu'une question de temps avant qu'ils ne me trouvent. Merde, merde : comment ça a pu si mal tourner ? J'avais tout prévu : déterminer d'où venait le bruit, sonner à la porte, tirer sur tout ce qui bougeait dans l'appartement, et repartir. Simple, élégant : un plan parfait. Je disposais d'environ cinq minutes, le temps que la migraine se manifeste - cinq minutes que les boules Quiès me fournissaient, en retardant un peu l'échéance. Oui, c'était un plan parfait.
Quand le bruit a démarré, j'étais prêt. J'ai monté les escaliers quatre à quatre, collant l'oreille à chaque porte de palier afin de déterminer d'où il provenait, touchant les murs pour sentir les vibrations : au septième étage, tout était plus intense, plus proche. J'ai progressé dans les couloirs, concentré sur les sifflements de la perceuse ; et je l'ai trouvée. C'était la porte 3C. Elle était là, noire et banale, vibrant un peu : derrière, oui derrière était l'origine du mal. Il fallait en finir : j'ai serré très fort mon revolver, et frappé la porte.
Rien.
Je transpirais à grosses gouttes, et il ne me restait plus beaucoup de temps. J'ai frappé à nouveau ; la porte est restée de marbre. Qu'est-ce que je pouvais faire ? J'ai tiré dans la serrure. Elle n'a pas bronché : c'est beaucoup plus résistant que ce que je pensais, ces machins-là, ou alors j'avais visé à côté. Je me suis senti un peu ridicule, et surtout totalement désemparé - c'est à ce moment précis que quelqu'un a ouvert la porte. Quelqu'un avec une hache. Je crois bien que c'est vers cet instant que les choses ont commencé à ne pas se passer comme prévu.
Un grognement s'est élevé des profondeurs du nouveau venu, un mélange entre le raclement d'une benne à ordure et le grommellement d'un sanglier. Je suppose que c'était une manière de demander ce que je voulais, mais ce n'est qu'une hypothèse, et de toute façon, je n'étais pas en état de penser de manière cohérente. Ah, car accessoirement, il mesurait environ deux mètres dix de haut pour plus d'un mètre de large, avec des bras style séquoia, sans oublier bien entendu la hache. J'ai vaguement balbutié quelque chose, et commencé à reculer ; j'en avais totalement oublié le but de ma venue. Lui, en revanche, quand il a vu le revolver que j'avais toujours à la main, ça ne lui a pas plu : il a mugi à nouveau, de manière un peu moins agréable encore, et il a commencé à se pencher vers moi. C'était terrifiant. Heureusement, ce n'est pas évident de plier deux mètres de muscle et de machins divers ; le temps qu'il y arrive, j'avais repris mes esprits, et vidé mon chargeur sur sa chemise à carreaux.
J'ai sérieusement commencé à douter de mon revolver, là. En théorie, après un coup comme ça, il aurait au moins dû gémir un peu, recroquevillé dans une flaque de sang. C'est ce qui se fait, en général. Eh bien, pas du tout : à part les trous dans la chemise, le seul effet notable, c'est que ça l'a mis en rogne. Et en plus, les boules Quiès commençaient à me lâcher.
Les quelques instants suivants sont un peu flous dans ma mémoire : je crois avoir plongé par terre pour éviter de me retrouver broyé par les séquoias, avant de me redresser et de filer vers l'escalier de secours. Comment j'ai réussi à lui échapper, je n'en sais rien : je suis resté planqué dix bonnes minutes dans la cage d'escalier, terrorisé et entouré des sifflements de perceuses. Je l'entendais, quelques étages plus bas, ouvrir les portes avec des bruits peu encourageants, grogner et descendre pesamment les marches. Tôt ou tard, il allait remonter ; je n'en avais pas du tout envie. Finalement, j'ai décidé de redescendre au septième étage, histoire de récupérer mon pistolet oublié dans la débâcle. Au moins, lui, il avait une présence plutôt rassurante.
La porte de l'appartement 3C était restée ouverte : Goliath avait dû oublier de la fermer avant de partir me faire la peau. De l'intérieur, on ne voyait pas grand chose : une sorte de poussière noirâtre masquait la vue, comme si une locomotive à vapeur avait élu domicile dans l'immeuble. Ce qui est stupide, évidemment : une locomotive à vapeur n'aurait pas pu faire un boucan pareil, ou alors elle avait amené sa famille avec elle. Lentement, avec précaution, je me suis aventuré dans le petit corridor : après coup, bien sûr, je me rends compte que c'était parfaitement stupide, mais comme je l'ai déjà signalé, il est relativement difficile d'avoir les pensées claires quand on vous découpe le crâne à la scie sauteuse. Je n'y voyais pas à plus de trente centimètres, et en étais réduit à me diriger à l'oreille, vers la source de tout ce raffut. Pas trop dur, remarquez - en principe. N'empêche que j'ai dû me perdre, parce que je me souviens distinctement avoir marché au moins dix bonnes minutes avant de parvenir à la fin du couloir, dans une grande pièce un peu moins opaque, où l'on pouvait presque respirer. En passant la main sur ma joue, pour essuyer la suie, je me suis aperçu que du sang coulait de mes oreilles, et que vraiment, ce n'était pas normal. J'aurais bien passé un certain temps à m'apitoyer sur mes tympans, si autre chose n'avait pas soudainement requis tout ce qu'il me restait de concentration : il y avait un énorme trou dans le mur ! Et pas un trou standard, non : un trou comme creusé à la pioche, avec un tas de terre à l'extérieur et des poutres pour en consolider l'entrée. D'ailleurs, le mur d'en face avait subi le même traitement : poutres, cavité béante, cailloux éparpillés un peu partout. Pendant que je restais là, bouché bée, à essayer de déterminer à quel moment j'avais bien pu prendre des petites pilules multicolores, il y a eu un semblant de mouvement à l'entrée du premier trou. Et moins de dix secondes plus tard, il y avait beaucoup de mouvement à l'entrée du premier trou : environ une vingtaine de ... d'êtres, dont le plus grand n'atteignait pas ma hanche, était rassemblée, et me regardait en murmurant. Ils auraient presque eu l'air sympathiques, surtout après le géant psychotique de tout à l'heure, si leur bouche n'avait pas été remplie de petites dents très pointues, et surtout beaucoup trop nombreuses.

Troisième partie.


Céphalée (1)

posté le 03 février 2009 à 11:47

Ce n'est pas la grande forme : mal à la gorge, et mon amie la sinusite revient me dire bonjour. À part ça, et sans rapport, j'essaie d'écrire quelque chose d'un peu plus long que d'habitude, mais j'ai un peu de mal : en général, j'ai quelques mots qui me trottent dans la tête, une phrase, une expression, et je brode autour. Le problème, c'est de broder longtemps.

J'essaierai de poursuivre ce texte, si j'en ai le courage, et si le temps le permet.

 

Ça y est, ça recommence. Il s'est remis à taper. Enfin, je dis "il", mais ça pourrait aussi bien être "elle", ou "eux" ; la seule chose certaine, c'est le bruit. Et la migraine, aussi - dans quelques minutes.
Je ne sais pas exactement d'où ça vient :les murs portent le son, l'amplifient, il semble venir de tous les côtés à la fois : l'étage du dessus ? Mon voisin de palier ? Ou peut-être la vieille dame du cinquième, celle qui a l'air si gentille, avec ses pantoufles et son cabas ? Ah, voilà. Le choeur des perceuses vient de commencer à son tour ; d'ici peu, j'aurai droit au doux chant de la ponceuse, comme chaque fois. J'ignore qui est responsable, mais il est régulier : toujours dans le même ordre, jamais de changement. Concerto pour instruments de torture : ce ne sont pas les murs, mais mes tempes que l'on perce. Crescendo, s'il vous plaît.
Le mal de crâne s'intensifie : il avait commencé vers la deuxième mesure de Black&Decker, discret, presque timide : et peu à peu, porté par les vagues du bruit, il monte en puissance, imposant, sûr de son fait. Impossible de l'ignorer : il commence à cogner derrière mon front, des taches brunes valsent devant mes yeux. Il faut que je trouve ces fichus cachets.
Mais je vous perds, je crois. Tout ça, c'était hier - et hier, j'ai fini prostré sur mon parquet, les mains sur les oreilles, à geindre. Comme d'habitude, comme chaque jour depuis six mois. Oui, six mois que ça dure, cette saloperie. Et aujourd'hui, je n'ai pas envie que ça se reproduise.
Alors j'ai fait de mon mieux : je viens d'aller acheter des boules Quiès - cela ne suffira pas, bien entendu : j'ai déjà essayé bien des fois - et un revolver. Je crois qu'on dit revolver, non ? Ou alors flingue. Enfin, bon, ça n'a pas été facile : il m'a fallu contacter des amis, qui ont fait appel à des relations, qui elles-mêmes ont cherché dans leurs connaissances - tout cela pour aboutir, hier soir vers 23h, dans une ruelle assez dégueulasse, déserte et sombre pour sacrifier aux poncifs du genre, à attendre un mec louche que je ne connaissais ni d'Ève ni de l'autre, et qui avait un défaut de prononciation assez amusant et un visage aussi rassurant qu'un médecin qui vous ramène votre test de dépistage du cancer en vous demandant de vous asseoir. Il a commencé par regarder un peu partout, ce qui se réduisait à trois poubelles et l'entrée d'une cave, avant de me tendre un paquet et de me demander "l'osseille".
La paquet était beaucoup moins lourd que ce à quoi je m'attendais, mais il contenait bien ce qu'il me fallait. Je l'ai testé sur un platane, histoire d'être sûr. Et me voilà donc, aujourd'hui, tapi dans les escaliers de l'immeuble, un peu plus pauvre et beaucoup plus dangereux, à attendre le commencement du vacarme, vaguement protégé par des boules de cire dans mes oreilles. Je guette. Je suis à l'affût. Ça va chier.

Deuxième partie


Intégrité

posté le 30 janvier 2009 à 19:06

Il est fort joli, ce mot ; il sonne bien à l'oreille, et charrie avec lui tout un flot d'impressions, d'idées honorables, positives. Foutrement connoté, ça, impossible de le nier. "Probité", "honnêteté", "caractère de ce qui est entier et vertueux" : le dictionnaire ne tarit pas de synonymes, et des qui en jettent, s'il vous plaît. D'ailleurs, je veux un Littré.

Mais tout ce bavardage dans quel but, pour quoi, d'ailleurs ? Rassurez-vous, je vous épargnerai l'étymologie de ces neuf lettres, ou le sens du terme en algèbre. Non, je voudrais juste revenir sur un petit détail au sujet de cette fameuse intégrité, un détail qui me chiffonne, et qui me chiffonne d'autant plus que rester intègre, cohérent et fidèle à ses idées/idéaux est pour moi primordial, le critère éthique par excellence.
Or, voilà : on ne mesure pas son intégrité qu'aux choses importantes. Ce n'est pas simplement lorsqu'on est confronté à un grand choix, une terrible décision qu'on définit ce que l'on est, que l'on jauge de la force de ses convictions. Au contraire : les choix de ce genre sont les plus aisés à faire. Non, le plus ardu, c'est de rester intègre dans la durée ; de ne pas insensiblement trahir ce que l'on veut être dans le quotidien et ses petits événements, ses détails triviaux et ses gestes sans importance. Etre admirable une fois, face à l'épreuve, au fond, c'est facile ; mais le rester l'épreuve passée, c'est tout autre chose. Oui, on ne peut mesurer quelqu'un qu'à l'aune de ce qu'il est chaque jour ; l'exception, même fantastique, ça n'est que l'exception. Et il est facile de voir s'éroder son intégrité, peu à peu, sans s'en rendre compte ; à force de petits actes "qui ne comptent pas", de gestes sans conséquence ; de marchandage permanent avec sa conscience. Mais tout compte, et l'on ne marchande pas.

Héros, mourez avant de choir.


Quatre mots qui font rire.

posté le 19 janvier 2009 à 19:43

"Entorse", "des", "ligaments", "extérieurs".


Recyclage : quid novi sub sole ?

posté le 13 janvier 2009 à 21:40

Les livres, quand même, c'est fantastique. Incroyable. Observons d'ailleurs, je vous prie, une minute de silence afin de bien considérer ce qu'a de merveilleux et de profondément enthousiasmant l'idée de livre : dans un volume somme toute négligeable (quoi, quelques centaines de centimètres cube pour un poche !) est disponible tellement de choses, tellement de pensées et de tournures délicieuses. Toute l'histoire, toute la philosophie (mais en beaucoup de tomes, alors, ou bien il faut avoir les poches et les reins solides), toute la poésie, tout le théâtre, toute la critique littéraire et théâtrale (là, il commence à y avoir une mise en abyme assez déroutante) ... disponible là, pour deux euros, ici pour cinq, ici gratuitement sur le pas d'une porte avec un chien qui vient juste d'uriner dessus ; empruntable ici, récupérable ailleurs où la bibliothécaire ne vous refuse pas le prêt au prétexte que vous avez fichu du café sur l'intégrale de Goëtlib la dernière fois. Je pourrais continuer longtemps, mais ça risque de devenir très chiant.

Une minute de silence, donc, pour penser à tout ce qu'on peut tirer de ces précieuses pages que l'on peut lire partout, toutes ces réflexions que d'autres ont couchées sur papier et qui, bien que leurs auteurs soient morts depuis longtemps, leur accordent un peu d'immortalité quand vous les réutilisez platement au détour d'une conversation, sans même penser que les fiers êtres qui prirent la plume afin de leur léguer des textes impérissables pourrissent à présent, dévorés par les vers et les requins des sables. C'est absolument atroce.

Après une de ces conversations avec un ami, récemment, qui a quand même duré environ un quart d'heure (la conversation), j'ai dressé un bilan concis des arguments que j'avais déployés et des idées qui m'avaient servi de matière. Je crois bien qu'aucune n'était de moi. Glânées dans des livres, ou dans des articles, ou bien dans des podcasts ; j'ai soutenu une conversation entière sans dire un seul mot. Et le pire, c'est que ça n'est pas la première fois que ça m'arrive.

Ne penser jamais, assimiler toujours : j'ai l'impression d'avoir oublié de former mon esprit critique et d'avoir perfectionné ma capacité de paraphrase. Et, pis encore, je suis devenu très sensible lorsque d'autres le font : trop d'érudition affectée m'horripile - un peu comme dans cette scène de "Will Hunting", lorsque le personnage principal est confronté à un étudiant en économie transpirant la suffisance, qui tente de le rabaisser en citant Adam Smith et consorts. À ceci près que je ne suis pas Matt Damon, ni Will Hunting d'ailleurs. Enfin bon ; comme disait Saint Paul :

C'est vraiment trop la merde.     (Épître aux Romains, 2,3)


Pour une plus juste répartition des bombes

posté le 07 janvier 2009 à 14:27

Il paraît qu'il y a des pays
Où il fait chaud toute l'année
Vu comme on se les gèle ici
On s'est un peu fait couillonner.

Il paraît qu'il y a des régions
Où c'est napalm à volonté
Pendant qu'on se change en glaçons
Ils ont chaud, sans rien débourser !

Il paraît qu'il y a des contrées
Où le phosphore est bon marché
Mais moi j'ai les lèvres gercées
Quand même, ils pourraient partager.

C'est le problème, avec ces gens
À qui l'on donne sans compter
Bombes, mines, jamais contents
Faut toujours qu'ils viennent râler.

 

Bombardier


Je vais être tonton !

posté le 04 janvier 2009 à 19:52

Eh oui ! Ma grande soeur va donner vie à un petit machin qui va croître, se développer, s'instruire, faire des caprices, fumer des joints, réfléchir, dormir, devenir grand, et qui m'aura comme oncle.
Le pauvre, s'il savait.


How to fail your exams

posté le 15 décembre 2008 à 19:22
Bonjour,
En discutant avec des camarades de L3, eux aussi inscrits en téléenseignement, j'ai découvert que le parcours algèbre
que je suivais n'était pas exactement le parcours canonique (en fait, nous sommes deux dans ce cas : IUBGSGVSDEB

Fiojrgihi et moi) : en effet, j'ai eu, tout au long du semestre, accès sur le serveur Australe aux cours suivants :

     LM319-FOAD
     LM323-FOAD
     LM360-FOAD
     LM363-FOAD
Le problème étant qu'apparemment, le parcours Algèbre choisi ne comprend pas la LM363 ("Théorie de la Mesure et

Intégration", 12 UE) mais, à la place, LM339 ("Optimisation Linéaire", 6 UE) (matière à laquelle je n'ai pas eu

accès sur Australe [NB : l'espace en ligne des élèves en téléenseignement]).


Les examens commencent demain ; je vais du coup assister à celui de LM363, ne sachant trop sur quel pied danser ;
mais l'examen de LM339 a lieu lundi, et ... je n'ai pas pu apprendre le cours, ne sachant même pas qu'il le fallait,
et ne l'ayant de toute manière pas eu.

Pis, il semble que la LM363 soit incompatible avec "Calcul Intégral" (LM315), qui est dans la liste de mes matières
du 2e semestre ... que suis-je censé faire ?

Veuillez agréer, Madame, l'expression de mes sentiments distinguées,
Clément CANONNE.


Bonjour,
Il s'agit d'une erreur de ma part et du responsable de la Licence de
Mathématiques qui a examiné et validé vos contrats pédagogiques.
vous fais donc parvenir par mail les supports pédagogiques que vous
auriez du avoir.

Ne vous présentez pas à l'épreuve du LM363 qui est effectivement
incompatible avec le LM315. Vous pourrez donc vous présenter en janvier à
l'épreuve du LM339

Cordialement

Sfszebngvsl Nzsjhfvb

Responsable Licence L2 et L3
Télé-Sciences 6
(...)


Bonsoir,
Malheureusement, j'ai pris connaissance de votre réponse jeudi soir, après avoir passé le
partiel LM363 jeudi après-midi .... je suppose que ce n'est pas trop gênant : au pire, ma
copie sera ignorée à la correction.
Cependant, je dois avouer que la perspective d'une charge supplémentaire de travail
durant les vacances de Noël ne m'enchante pas : je ne dispose que de deux semaines, étant
en prépa par ailleurs, et le travail, justement, ne manque pas. Y ajouter 75 pages de
cours et, globalement, un semestre d'exercices à rattraper n'est pas vraiment
réjouissant. Cela, sans compter le polycopié de LM363 et le temps passé sur les exercices
pendant le premier semestre ... pour rien. N'y a-t-il vraiment aucune autre alternative
que de passer l'examen de LM339 en session de rattrapage ?

Merci d'avance,
Clément CANONNE.


Taxinomie et bordel ambiant

posté le 12 décembre 2008 à 19:44
J'ai terrassé tous mes démons
Il m'en a fallu, du courage
Je me suis vaincu pour de bon
Et ils ont dit que j'étais fou.

J'ai remercié ceux que je hais
Pour m'avoir fait ce que je suis
Pour m'avoir fait à leur image
Et personne n'a écouté.

J'ai versé du sel sur mes plaies
Crié de douleur et de rage
Quand je fus démoli, brisé
On m'a déclaré sain d'esprit.


En ces temps tragiques où le PCF est dans la merde, où la Grèce crame et où les journalistes du Monde se font plaisir sur les jeux de mots, surtout, n'oublions jamais :
"Les composantes connexes d'un ouvert d'un espace localement connexe sont ouvertes"
Alors, s'il vous plaît, je vous en prie.
tags : poème.

Le mieux, et l'ennemi du bien.

posté le 06 décembre 2008 à 20:39
Une théorie scientifique nous dit quelque chose sur le monde,alors que les mathématiques nous disent quelque chose sur les mathématiques.
Ivar Ekeland



Dans le rôle de critique littéraire, je n'appelle personne et je chourre le costume ; pour parler de livres qui ne sont même pas à classer dans la littérature proprement dite, qui plus est. Nous allons parler de vulgarisation (du latin "vulgus", signifiant "plouc", et "arisationere", signifiant que dalle).
En d'autres termes, il va être question de deux bouquins qui nous expliquent la science de manière simple, comme à des demeurés que nous sommes, surtout vous. L'un des deux est très bon, et l'autre très mauvais.

Commençons par le pire. Vous connaissez Stephen Hawking ? Considéré à juste titre comme l'un des plus grands physiciens de notre temps, il a notamment travaillé sur les trous noirs, le Big Bang, la relativité générale et le rapport entre les trois. Accessoirement, suite à une pneumonie et à une maladie neurologique dégénérative, il ne peut pas parler et est cloué dans un fauteuil roulant, communiquant via un synthétiseur vocal.
En 1989, il publie Une brève histoire du temps, chez Flammarion. Ca coûte une dizaine d'euros, et ça ressemble à ça :


L'intention est louable : "du Big Bang aux trous noirs", il aborde (ou tente d'aborder) de manière simple des concepts tels que la relativité, la mécanique quantique, le temps, et retrace l'évolution de la pensée scientifique entre Laplace, Einstein, Newton ... Louable, en effet ; mais l'ensemble est assez confus. Certains concepts sont introduits de manière floue, voire pas du tout introduits ; la simplicité du propos est parfois prétexte à une simplification outrancière, ou à une absence d'explication sur le pourquoi et l'intérêt de certaines notions - créant finalement un l'ensemble assez peu convainquant, que la traduction, assez maladroite, n'aide certainement pas.
Décevant, donc ; à éviter.

Et puis, il y a l'aîné. Cette fois, c'est Ivar Ekeland, un mathématicien français sorti d'ULM, qui s'y colle ; et s'y colle bien. Sans aucune des lourdeurs de style et de ton du précédent (avantage, peut-être, de se passer de traduction), il parvient à être clair et intéressant, complet et sobre. Ah, au fait, il s'agit cette fois de la théorie du chaos, ou comment un système déterministe peut néanmoins être totalement imprévisible : un vague rapport avec des papillons, pour les amateurs de cyclones. D'ailleurs, le titre est assez explicite : Le chaos.


Soyons francs : vous ne trouverez dans ces pages que très peu de "véritable" contenu scientifique (pas d'équations, ou à peine une) : il est plutôt question de la théorie du chaos d'un point de vue qualitatif, des rapports qu'entretiennent la réalité, les mathématiques et la physique ; de note perception du monde, et de l'illusion du déterminisme ... mais les mots coulent avec fluidité, et l'on comprend ce qui importe : non pas les théorèmes ou les résultats de cette branche mathématique, forcément arides ou abscons, mais à quoi elle sert, et ce qu'elle implique.
Oui, il est bien.


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Lecteur, avant toute chose, je me dois de t'avertir du contenu de cet encart. Je ne vais pas m'y étendre sur ce que je suis, ou ne suis pas. Non pas pour ne pas t'ennuyer, c'est le cadet de mes soucis pour le moment ; mais pour ne pas trop en dévoiler. Ce blog est le mien, et m'est dédié de long en large : me dépeindre - ou tenter de le faire - en quelques mots serait, plus qu'une erreur, un mauvais calcul. Et je déteste faire de mauvais calculs, ça me frustre. Adoncques, voici plutôt quelques liens fort intéressants, que je t'encourage vivement à suivre, mais pas trop loin non plus, il s'agit de revenir après : Samoth, le site d'un projet de jeu de rôle libre, statique, un suissien bien plus intéressant que moi, et le château de ma mère, où ça cause bouquin par écran interposé. On n'arrête pas le progrès.

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