critique
Gainsbourg (Vie héroïque)
(Originellement écrit pour Le PI)
Joann Sfar, je pensais qu'il ne faisait que des bandes dessinées, le Chat du Rabbin et autres Donjons. Et Serge Gainsbourg, c'est quand même un sacré morceau, on ne parle pas de n'importe qui, là.
Alors Sfar qui réalise un film sur Gainsbourg, à part une magnifique affiche, je n'avais pas la moindre idée de ce que ça allait donner. Gainsbourg (vie héroïque), UGC Ciné-Cité Les Halles : plus de places, assis sur les marches du couloir de cinéma, ça commence (ça avait même commencé sans moi, à vrai dire).
D'emblée, c'est atypique et ça s'assume : le petit Lucien Ginsburg, ses amis imaginaires, sa croix juive et le modèle nu aux Beaux-Arts. Le jeune écolier réfugié au fin fond de la campagne, qui dessine des femmes nues sur les cahiers de ses camarades. Lucien, un peu moins jeune, et ses premières amours.Toujours, tout au long du film, le personnage, féérique et inquiétant de Gainsbarre avant l'heure qui le suit partout, double/mauvais génie effrayant mais élégant.
Insensiblement, on voit Ginsburg devenir Gainsbourg, et Gainsbourg s'abimer et s'abîmer. De femme en femme, de cigarette en cigarette, sa peau qui se plisse, ses joues qui se creusent. On a mal pour lui, lui le petit enfant du début, lui l'homme qui se trouve laid et qui peint pour que ça sorte. On a mal pour lui et on est fasciné, fasciné par le génie, fasciné par la vie et les choix, par l'esprit et les mots de Gainsbourg.
Accessoirement, les femmes défilent, les chansons aussi, seul le mauvais génie élégant reste et Gainsbourg y succombe. Gréco, Bardot, Gall, Birkin et les clopes, l'éternelle clope au bec et du talent à revendre. Un portrait magnifique d'un Gainsbourg qui devient laid.
Excellent.
Vous comprendrez donc, en Hollande
Ajimoincätr, il est grand temps de parler d'autre chose, par exemple des singes à cul nu dévoreurs de tropiques. Ce que je ferais avec grand' joie et bonheur non mêlé, si seulement je savais quelque chose à leur sujet - ce qui n'est pas le cas, n'écoutez pas les racontars. Changement de sujet.
Dès qu'on évoque la Hollande surgissent, pêle-mêle, des images de volutes de fumée, de champignons douteux et de femmes en vitrine. C'est d'ailleurs exactement ce dernier point qui m'intéresse, qui fait l'objet de cet article : une chambre en Hollande.
Pierre Bergounioux signe ici un livre complètement atypique : ça commence sur les chapeaux de roue, entre les Gaulois, les Romains, Jules César et compagnie ; trois pages plus loin, on en est au Moyen-Âge, puis la Renaissance arrive, et c'est Cervantès, Bacon et Spinoza. Et Descartes.
Parce qu'en fait, ce livre, court, direct et jaune comme une banane accrochée à une flèche, traite de Descartes. Descartes, ou pourquoi un Tourangeois est parti s'exiler en Hollande pour écrire son oeuvre majeure, et révolutionner la philosophie.
Pourquoi la Hollande ?
Note : 14/20
Dans un autre genre, tout autre genre, il y a un titre. Ce titre, quand même ! Il contient tout, il résume tout, il allèche, appâte et al dente s'il vous plaît : un titre qui choque et provoque, insolite comme le fantôme d'un jazzman dans la station Mir en déroute.
Maurice G. Dantec, avec un G. comme dans tec, écrit de la science-fiction. Soit, ça peut arriver aux meilleurs d'entre nous.
Il écrit aussi plutôt bien, semble-t-il : c'est fluide, pas désagréable. Le narrateur nous conte ses aventures, dans un futur plutôt beaucoup trop proche et probable à mon goût : atteint, tout comme sa compagne, d'un neurovirus qui le rend extralucide, extrasujet à des phases de dépression profonde, et extrarecherché par les services sanitaires, il est en fuite après plusieurs braquages. Sinon, jusqu'à la moitié du livre, on ne sait rien de lui.
La fin est un mélange de 2001, Odyssée de l'espace et de Matrix avec des bouts de l'Apocalypse selon St-Gustave : un peu dommage, je trouve, mais bon, du moment qu'Elvis est là pour les titres des chapitres ...
Note : 12/20
Je passe sur Laborit, parce que je ne suis pas certain de pouvoir résumer l'intégralité de La nouvelle grille sans trahir le livre, ce que j'en ai compris et ce qu'il aurait fallu comprendre ; et c'est au tour d'Orphée. Enfin, Eurydice, ou plutôt une Eurydice actuelle. Vous comprendrez donc, donc. Donc.
La parole est à la nouvelle Eurydice - son nom, nous ne le connaîtrons jamais, pas plus que celui de son Orphée à elle, le poète qui est venu la chercher dans cette Maison de repos, endroit sombre, gris, immense où l'on se rend quand notre santé ne nous permet plus de supporter la vie "dehors". Un long monologue de 54 courtes pages, où elle s'adresse au "Président" de la Maison, le remercie de la faveur qu'il leur a accordée, lui peint son amour, ses craintes, lui parle de son homme, de la vie en bas, de ce qu'elle regrettait d'en haut. Où elle met à nu, avec des mots toujours justes, son coeur, sans tomber dans le lieu commun, jamais, jamais de guimauve, juste la vérité, on ne peut rien cacher au président de toute façon. Où elle témoigne d'une histoire d'amour, une vraie, qui a survécu à la vie, et ensuite à la mort.
Et où elle explique pourquoi Orphée s'est retourné.
Note : 17/20
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Quelques mots ...
Lecteur, avant toute chose, je me dois de t'avertir du contenu de cet encart. Je ne vais pas m'y étendre sur ce que je suis, ou ne suis pas. Non pas pour ne pas t'ennuyer, c'est le cadet de mes soucis pour le moment ; mais pour ne pas trop en dévoiler. Ce blog est le mien, et m'est dédié de long en large : me dépeindre - ou tenter de le faire - en quelques mots serait, plus qu'une erreur, un mauvais calcul. Et je déteste faire de mauvais calculs, ça me frustre. Adoncques, voici plutôt quelques liens fort intéressants, que je t'encourage vivement à suivre, mais pas trop loin non plus, il s'agit de revenir après : Samoth, le site d'un projet de jeu de rôle libre, statique, un suissien bien plus intéressant que moi, et le château de ma mère, où ça cause bouquin par écran interposé. On n'arrête pas le progrès.
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