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"La substance même de notre peuple"

Toute cette introduction n'a en réalité pour but que de mettre ce dernier sur le tapis. J'étais parti dans une des rares salles qui le jouaient encore (à Paris, les films disparaissent vite des UGC et autres mk2, c'est terrifiant) sans savoir trop bien quel en était le sujet, sinon qu'il était question de l'Angleterre au début des 80's.
Le film démarre doucement, pour laisser le spectateur découvrir Shaun, le héros de douze ans : ses problèmes à l'école, sa rencontre avec des skinheads, son intégration dans leur bande. C'est gentil, presque mignon, et on finit par réaliser, le cas échéant, que les skinheads n'étaient à la base pas des gros cons avec des croix gammées.
Et puis après, tout commence à se gâter : retour d'un ancien camarade skinhead, qui se révèle être psychotique, xénophobe et membre du National Front ; scission du "gang", embrigadement du jeune Shaun, actions contre les Pakis ...Tout glisse, tout dérape, et c'est affreux, depuis son siège, de voir ça, ce qui se passe, ce qui ne va pas manquer de se produire. La bande son se prête d'ailleurs très bien au jeu, alternant un peu tous les styles, classique, rock, reggae.
Le véritable malaise, cependant, vient surtout du fait qu'on comprend ce qui s'est passé, qu'on a vu les étapes, les articulations ; mais qu'à leur place, dans la même situation, est-ce qu'on l'aurait aussi bien perçu ? Est-ce que je n'aurais pas, moi aussi, brandi le drapeau de la croix de St-George, fier d'appartenir à quelque chose, d'agir pour mon pays ? Peut-être pas, sans doute, qui sait, comment savoir.
Il n'empêche qu'aujourd'hui, le Monde se fend d'un gros titre sur l'avenir du FN. Pour Pierre Vial, "l'identité [repose sur des] composantes biologiques, génétiques et ethniques". Le programme du Front National, dans sa rubrique dédiée à l'immigration, stipule qu'"elle peuple la France d’ayants droit pour qui, bien souvent, la seule affinité avec notre pays se limite aux avantages matériels qu’il leur procure." Comme Robert Spieler le souligne, "la substance même de notre peuple est aujourd'hui atteinte par l'immigration non européenne".
Je ne vais pas tenter de disserter sur l'inanité de ces phrases. En 1983, en Angleterre, le discours était le même.
Rocky Horror Picture Show, encore
Nous étions en bande (quatre personnes, tous participant à Samoth), avec une provision de riz (mais j'avions oublié l'eau).
Nous sommes ressortis trempés, parsemés de riz, joyeux, et je me suis encore fait sélectionner pour une parodie de viol durant la représentation. Ça fait deux fois, quand même.
Et la soirée, élections oblige, était à thème, et chacun des acteurs incarnait, en sus de son rôle, celui d'un candidat. Je me suis ainsi fait violer par Arlette Laguiller, oui travailleur, oui travailleuse.
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Quelques mots ...
Lecteur, avant toute chose, je me dois de t'avertir du contenu de cet encart. Je ne vais pas m'y étendre sur ce que je suis, ou ne suis pas. Non pas pour ne pas t'ennuyer, c'est le cadet de mes soucis pour le moment ; mais pour ne pas trop en dévoiler. Ce blog est le mien, et m'est dédié de long en large : me dépeindre - ou tenter de le faire - en quelques mots serait, plus qu'une erreur, un mauvais calcul. Et je déteste faire de mauvais calculs, ça me frustre. Adoncques, voici plutôt quelques liens fort intéressants, que je t'encourage vivement à suivre, mais pas trop loin non plus, il s'agit de revenir après : Samoth, le site d'un projet de jeu de rôle libre, statique, un suissien bien plus intéressant que moi, et le château de ma mère, où ça cause bouquin par écran interposé. On n'arrête pas le progrès.
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