ou au moins un mythe

Réécrivons l'histoire

posté le 03 January 2008 à 16:54

Originellement, c'est un devoir d'anglais donné à Sciences PO, censé faire entre 3 et 10 pages ; suite à une mauvaise compréhension, et moultes péripéties, c'est devenu un texte de 12 lignes en français, et je ne suis pas à Sciences PO.
Je déteste que les choses se perdent, en particulier les clés d'antivol et les attestations de recensement, et de ce fait je poste le résultat ici. Attention, c'est mal léché, c'est une réécriture du mythe de Prométhée, et il y a exactement 218 occurrences de la lettre "i".
(219 en comptant celle-ci)
(220 maintenant)
(221)


Avant la naissance des Géants, et bien avant leur mort, la terre n'abritait nul être vivant en son sein, et nul arbre n'ornait sa surface nue. C'était le temps des Dieux, et ils régnaient sans partage, seuls dans cette immensité.
Mais voilà que le temps des êtres mortels vint, et les dieux s'attelèrent à la tâche. De glaise, de feu et d'eau, ils modelèrent poissons, plantes et animaux ; d'air, ils créèrent les ailes des oiseaux. Ensemble, ils façonnèrent les créatures inférieures; ensemble, ils sculptèrent l'Homme. Mais au terme du jour, tous étaient nus et vulnérables. C'est alors que, las et fatigués par leur besogne, les dieux chargèrent un Titan de finir ce qu'ils avaient commencé. À Prométhée échut la lourde tâche de donner à chacun, et de manière égale, ce dont il aurait besoin. Avec l'aide de son frère, Épiméthée, il donna au tigre ses griffes, à l'aigle ses serres ; à celui-ci, une fourrure pour passer l'hiver, à celui-là, des crocs pour déchirer les chairs. L'un eut la force pour se protéger, l'autre la vitesse pour fuir; certains grandirent de telle sorte qu'ils n'auraient rien à craindre, et certains, minuscules, purent se faufiler dans n'importe quel recoin. Et tous étaient satisfaits.
Mais les Dieux, dans leur ouvrage, avaient négligé quelque chose : une pauvre créature, imparfaite et inachevée, qui, laissée pour compte dans un recoin, n'avait pu se rendre à la distribution des qualités. Quand elle ouvrit les yeux, tout était écoulé ; et, démunie, elle ne savait que faire, entourée des véloces, des puissants et des féroces. Quand tous furent partis, et qu'elle se trouva seule, effrayée, Prométhée l'aperçut ; comprenant ce qui s'était passé, il appela les dieux.
Mais ceux-ci, célébrant leur journée, n'avaient cure de la pauvre créature ; bien plus, elle gâtait le chef-d'oeuvre, défaut dans le diamant. Ensemble, ils s'accordèrent alors à lui céder ce qui leur restait, ce dont personne n'avait voulu ; et l'Homme se vit offrir le doute.

Un seul, parmi toute la création, eut pitié de l'homme ; et Prométhée, cherchant ce qu'il pouvait faire, aperçut les lumières qui brûlaient sur l'Olympe. Sans mot dire, sans un bruit, il gravit les marches qui menaient au palais des dieux ; et là, il se saisit du feu, le feu des dieux, et il en fit don à l'homme.
Et la pauvre créature, alors, ne connut plus la peur ; elle était forte, et fière, et le lion la fuyait, elle qui brûlait et blessait les yeux. Et l'Homme était le roi ; et l'homme défia les dieux.
Lorsqu'ils virent le Feu aux mains de l'Homme, ceux-ci comprirent ce qui avait eu lieu, et eux qui ne craignaient rien, ils conçurent de l'effroi. Ils mandèrent Prométhée, et lui reprochèrent son acte ; et ils le condamnèrent, lui qui n'avait voulu que la justice. Libre, il fut enchaîné à un rocher ; immortel, il fut condamné à la souffrance. Tous les jours, à la même heure, son supplice avait lieu. Tous les jours, à la même heure, son foie lui était arraché, avant de se reformer, lentement, pour le lendemain.
Tous les jours, à la même heure, l'Homme venait lui arracher le foie.


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Quelques mots ...

Lecteur, avant toute chose, je me dois de t'avertir du contenu de cet encart. Je ne vais pas m'y étendre sur ce que je suis ou ne suis pas. Non pas pour ne pas t'ennuyer, c'est le cadet de mes soucis pour le moment, et puis ça arrivera tôt ou tard ; mais pour ne pas trop en dévoiler. Ce blog est le mien, et en tant que tel m'est dédié de long en large : me dépeindre — ou tenter de le faire — en quelques mots serait, plus qu'une erreur, un mauvais calcul. Et je déteste faire de mauvais calculs, ça me frustre.

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