Dionysos à Valence - Episode 2

posté le 11 mars 2006 à 17:54
Episode 2 - Dionysos *hurlements baveux*

5 minutes de noir
Bon, apparemment, la plupart des gens qui sont ici et qui ont la trentaine sont des vieux potes des membres de Dionysos: ça rigole, ça papote, ça s'impatiente...

10 minutes
Des types du staff se baladent sur la scène: ils règlent les micros, branchent des trucs, vissent des machins.

C'est totalement inintéressant.

Un quart d'heure
Babet (la nana à couettes) monte sur scène, tripote son archet de bien sensuelle façon, et repart.

C'est moyennement intéressant.

Et puis...
Le noir complet, avec justes deux projecteurs qui illuminent deux arbres dépenaillés, boulonnés et en plastique. Le groupe, à l'exception de Mathias, monte sur scène. Chacun est immobile et ferme sa gueule.
Au secours, c'est quoi ce groupe de nazis ?!

Finalement, sur un accord complètement distordu et saturé qui explose les oreilles d'à peu près tout le monde, le chanteur, Mathias, monte saute sur scène.

Ça y est, première chanson: ça pogote de partout, ça hurle, le groupe a l'air déchaîné et Mathias commence déjà à courir partout sur scène. Hey, mais ça se présente bien !
A la fin de ce premier morceau, Mathias parle et le public, bien que déjà survolté, l'écoute religieusement:"Putain, ça fait du bien d'être de retour à Valence !"
Juste ce qu'il fallait dire.

Et c'est parti pour les chansons du dernier album et quelques-unes des précédents, c'est plutôt variés dans l'ensemble. Et parce que c'est du Dionysos, ça mélange de la contrebasse et du scratch, de l'ukulélé et de la gratte qui tache, le tout accompagné de paroles complètement délirantes.
Ça slamme et ça pogote à tout va, j'ai la vague impression d'être à un concert de Metallica lorsque mes pieds ne touchent plus terre, les sol tremble. Tout le monde connaît les paroles par coeur, le public réagit au quart de tour, et lorsque le groupe entame des morceaux plus tranquilles, tout le monde se tait en quelques secondes, l'ambiance est vraiment excellente.

Mathias est vraiment hallucinant: ce type saute partout, slamme et traverse la salle à genoux ou même debout sur le public, joue de l'harmonica en acoustique devant les quelques centaines de personnes... et il mène son public à la baguette.
Finalement, après un long slam, il décide d'escalader le balcon (1er étage) de la salle, et là, debout sur la rambarde, à l'opposé de la scène, on a droit à une version acoustique et a capella (!) de Coccinelle.

Et puis, finalement, sur un dernier morceau très calme, le concert finit.

Conclusion

Bon, y'a pas à chier, c'est le meilleur concert que j'aie jamais vu.
Qu'on soit bien d'accord: j'avais pas beaucoup écouté Monsters in Love, le dernier album, pour la bonne raison qu'il m'a très vite saoûlé.
Mais là, je suis définitivement réconcilié avec Dionysos: c'était kolossaleuh.


Des tofs d'autres concerts (finalement, j'ai bien fait de pas ramener d'APN: il y en avait des petits bouts un peu partout dans la salle):




D'autres ici

Cadeau Bonusque: Mathias aux Victoires de la Musique



La vidéo est excellente, je vous conseille de la chopper. Vu que je sais pas si c'est très légal de filer directement le lien, je vous conseille juste de fouiller sur cette page
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Dionysos à Valence - Episode 1

posté le 11 mars 2006 à 16:49
Pré-Introduction Dramatique

Un samedi de fin octobre.
Depuis quelques jours maintenant, on connaît la nouvelle: Dionysos, pour la première fois depuis pratiquement 6 ans, revient à ses origines et va jouer à Valence, ou peu s'en faut: dans une salle obscure d'un bled juste à côté.
J'achète un billet.



...Putain, 23€ quand même.

Introduction Dramatique

Tout avait très mal commencé ce soir-là puisqu'on était en pleine semaine, que j'avais deux colles le lendemain, que j'étais avec mes soeurs, qu'il n'y avait que des gens très vieux (au moins, pfouuuu, 25 ans) ou plus jeunes (15-17 ?), et qu'en plus j'avais pas pris d'appareil photo, que dalle, alors que les vigiles laissaient passer tout ce qui entrait.
En plus, j'avais faim, chaud, soif et j'étais à la bourre.

Enfin, bref, je faisais la gueule, il fallait pas m'emmerder, et en plus ils étaient à la bourre, mais qu'est-ce que j'ai fait au monde pour mériter ça, et en plus...

Ah.
Tiens, les lumières s'éteignent.


Episode 1: La première partie

Arrive sur scène un petit type en chemise en carreaux.
Il a une guitare, un harmonica et il nous dit qu'il s'appelle Cyrz. Ah tiens, ça c'est du chanteur France Inter en kit (ce qui n'est pas forcément péjoratif).
Il a l'air très tendu, nerveux, et il tremblote un peu au début...Il lui faut bien deux chansons pour se décoincer. D'ailleurs, il en rate une en oubliant complètement les paroles.



Mais finalement, c'est pas mal du tout, il a à peu près autant de voix que 5 Vincent Delerm (ou 10 Carla Bruni), un humour pince-sans-rire, et il chante bien les thèmes chers à la "nouvelle chanson française".
Bref, ce p'tit gars s'en sort bien, et s'il ne donnait pas l'impression, ce soir, de n'être qu'un faire-valoir, je crois même que je pourrais l'apprécier comme il le mérite.

Mais bon, je suis là pour Dionysos...
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Kalon : le véritable et unique héros de l'heroic fantasy.

posté le 06 mars 2006 à 16:26
C'était il y a très, très...trèèès longtemps.
En ce temps-là il y avait le Net, et sur le Net il y avait Naheulbeuk. Naheulbeuk qui, d'ailleurs, commençait déjà à entreprendre sa longue reptation immonde vers le capitalisme sauvage et la mercantile exploitation d'un phénomène de mode parti d'un trip débile et gratuit, mais je m'égare.
Naheulbeulk, donc, connu bientôt une très grande notoriété chez les francophones de tout poil, et très vite les serveurs explosèrent et les modems fondirent chez la PoC International Company Ltd®, exploit que l'on fêta comme il se doit en fournissant aux fans de nouveaux épisodes, puis une nouvelle saison dont on laissera l'appréciation de la qualité aux lecteurs, car là n'est pas la question.

Une question subsistait encore: d'où le grand PoC tirait-il ses références ?
Oh, bien sûr, certaines personnes subodorèrent (?) qu'il y avait là-dedans de l'AD&D, du François Pérusse, on parla même d'un coup des communistes, mais tous oublièrent le plus important: Les merveilleuses et chatoyantes aventures de Kalon.

Ben oui, il y avait Internet avant les skyblogs, et même s'il était plus moche qu'avant, il y avait des choses dedans, et même, sisi, des choses intéressantes. Et Kalon en fait partie.



Un jour, donc, il y a bientôt 10 ans, un type nommé "Asp Explorer", à la modestie défaillante mais à la plume géniale, créa son site "Sous le Catcheur", bon, là, tout le monde s'en foutait, jusqu'au jour où il a eu l'idée de créer un anti-héros de l'heroic fantasy, un genre de mauvais jet à AD&D, un Barbare ultime: Kalon.
Sur des centaines (!) de pages, on a donc droit aux aventures d'un Barbare, bientôt rejoint par un voleur fourbécruel et une magicienne (cruelle aussi).

Dit comme ça, c'est nul.

Mais en fait, non.

L'auteur en question écrit vraiment très bien, ses personnages sont tous de dangereux allumés qui vivent dans un monde loufoque, les gens cultivés trouveront des références à la pelle, ça tourne parfois même au pastiche pendant des épisodes entiers (on a droit à AD&D évidemment, mais aussi Star Wars, Desproges, Georges Marchais, Tolkien, le 11 Septembre, Terry Pratchett...), et surtout, surtout, enfin quelqu'un qui ose écrire que les elfes sont tous pédés comme des phoques, ça fait plaisir.
Ça n'est pas exactement du Terry Pratchett, même si ça y ressemble parfois, non, ça a un goût très particulier, ce que pourrait être l'humour français: grossier sans être vulgaire, prenant le lecteur à contre-pied, et capable de variations sans fin sur le thème de l'aube aux doigts de rose.
En fait, c'est avec Terry Pratchett et (la rédaction de) CanardPC l'un des seuls auteurs qui me fasse rire tout seul comme un con quand je le lis dans le métro; un gage de qualité, donc.

Devant le succès du genre, on a ensuite eu droit aux aventures de Morgoth, puis à sa préquelle, la Catin de Baentcher; le style change légèrement mais c'est peut-être même encore meilleur...Que du bon, donc, et tout ça pour pas un rond.

Un seul inconvénient: les pauvres sans-papier (au sens propre) vont s'exploser les yeux en lisant ça sur leurs écrans. Ah bah oui, 'faut savoir vivre. Je laisserai à ce sujet la parole au nain Ghibli:
"- On n'est pas des tarlouzes, bordel !...Enfin, à 89%."

Sinon, concernant le site lui-même, il n'est pas mis à jour depuis quelques temps et je suis totalement incapable de déchiffrer sa putain d'adresse mail, ce dithyrambique léchage des bottes de l'auteur se fait donc sans son consentement. Merci quand même à lui.
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La fin d'une époque

posté le 02 mars 2006 à 18:28
Ça y est, c'est fini; toi la pub, je ne te parle plus.

Il n'y a pas si longtemps pourtant, je te recevais avec plaisir. Je te collectais, gros tas hétéroclite et moche sur mon bureau, comme un caca d'alien monstrueux. Un amoncellement de papier glacé que je n'osais jamais utiliser, pas même les jours de grande pénurie de PQ, parce que, merde, quoi, même les fesses ont leur politesse.

Pourtant, je te gardais, car je t'avais trouvé une nouvelle occupation, qui n'était sans doute q'un passe-temps de sale gauchiste utopiste, mais que veux-tu, personne n'est parfait.
En effet, je recevais de temps en temps tes amis les enveloppes pré-affranchies, que m'expédiaient tous mes amis: les banques, les abonnements de tout genre et les ONG de tout poil. Tous ces sales cons vautrés dans leurs bureaux qui avaient un jour trouvé intelligents d'emmerder les gens jusque chez eux à grands coups de pub gerbantes, distribuée par brouettes entières par de pauvres types.

Dans un geste d'un sensualité extrème, j'enfournais les uns dans les autres (...le papier glacé publicitaire de merde dans les enveloppes sus-citées. Z'aviez qu'à suivre.)
Et je ré-expédiais le tout à leur propriétaire, l'obscur chef du service marketing de mes deux.

Oh, bien sûr, j'avais quelques scrupules; et je savais bien, tout au fond de moi, que ce n'était qu'une ouvrière pakistanaise sous-payée et probablement ivrogne qui t'ouvrait, toi enveloppe, pour te découvrir, toi le magazine d'Auchan, toi la pub pour la nouvelle perceuse Bricorama.
Mais, courageux et fier, j'ignorais ces insignifiants dommages collatéraux: comme on dit, on ne fait pas de communiste melba sans leur casser les oeufs.

Hélas...
Je ne devais pas être le seul à être original, pour le coup, et voilà que depuis peu je découvre leur nouvelle parade à mon sport préféré:



Salauds.
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