Intervention surprise: de l'eau jusqu'au cou

posté le 20 avril 2011 à 01:03

Dans un effort pour garder ce blog vaguement en vie: un nouvel article!

Donc de temps en temps, parce qu'il faut bien qu'on rigole un peu sinon la vie manque de sel, on a une galère. La dernière pour moi, c'était le chauffe-eau. 

Pour ceux à qui ça parlerait: groupe de sécurité qui fuit en continue. 

Pour ceux à qui ça parle pas: plus d'eau chaude du tout, et de l'eau qui coule en continue directement à l’égout. 

Cause probable: particule de calcaire qui vient bloquer le mécanisme en position ouverte, vu que ledit chauffe-eau a été détartré récemment par mes soins (15 bons kilos de tarte sortis, ça m'avait déjà bien occupé). 

 

Bon, comme je ne sais pas nettoyer un groupe de sécurité (il parait que ça se fait, mais le concept même me paraît incompatible avec le terme "sécurité"), il a fallu remplacer. Quitte à y être, j'ai décidé de mettre en application deux-trois choses apprises depuis ma dernière intervention sur la bête.

 

État des lieux: comme à peu près tout dans cette maison, le chauffe-eau a été monté en mode "après moi le déluge". Rien n'est flexible: arrivée d'eau froide en tuyau de cuivre non flexible jusqu'au groupe de sécurité, sortie d'eau chaude pareil, évacuation du groupe de sécurité aussi. Il va falloir découper les tuyaux pour installer les nouveautés.

 

Chantier prévu: 

 - isoler la partie chauffe-eau du reste du réseau par l'ajout de 2 vannes à boisseau qui permettront en cas de chantiers ultérieurs ne pas avoir à couper l'eau dans toute la maison.

 - ajouter de flexibles à la sortie de ces vannes pour faciliter le raccordement du ballon (même en cas de changement dans le futur par un ballon d'un modèle différent) et autre matériel.

 - ajouter entre le ballon et le groupe de sécurité un vase d'expansion sanitaire qui limite le gaspillage: quand l'eau chauffe la nuit, elle prend plus de place. Si vos robinets sont bien fermés et que le groupe de sécurité joue bien son rôle (obligatoire) d'anti-retour vers le réseau d'eau froide, le groupe de sécurité laisse s'échapper une petite quantité d'eau pour éviter que le chauffe-eau ne monte trop en pression et finisse par exploser. C'est d'ailleurs cette fonction de régulation de la pression qui lui vaut son nom. L'ajout d'un vase d'expansion va, par un système de membrane souple, compenser ce volume gagné lors de la chauffe sans trop augmenter la pression à l'intérieur du ballon, évitant au groupe de sécurité de devoir laisser partir de l'eau chaude et saine. On économise ainsi environ 1000L d'eau par an. Alors certes, au prix actuel du mètre cube d'eau, l'investissement pourtant faible mets plusieurs années à se rentabiliser, mais en termes d'économie d'eau potable, la planète vous dis merci.

 - ajouter un mitigeur thermostatique à la sortie d'eau chaude du ballon. Double avantage de cet équipement: d'une part il évite les accidents en limitant la température maximale de l'eau chaude à 50°C (ce qui est largement suffisant pour une vaisselle ou une douche même très chaude, mais on peut baisser ce seuil) ce qui explique qu'il est désormais obligatoire en construction et en rénovation lourde, et d'autre part il garantit une température stable de l'eau chaude: tant qu'il reste de l'eau chaude dans le ballon, la température de l'eau chaude dans vos tuyaux sera la même. Sans ce dispositif, entre le "début" et la "fin" de l'eau chaude dans votre ballon, la température peut varier de 80°C à 40°C, obligeant à de constants ajustements au niveau des robinets...

 - tant qu'on y est, installer 2 raccords diélectriques (absents dans l'installation d'origine) qui protègent le tout de la corrosion galvanique (entre le tuyau de cuivre qui amène l'eau froide et l'acier du ballon d'eau chaude peut se développer une réaction chimique qui raccourci la durée de vie de l'installation).

 

Allez, quelques photos du résultats pour vous reposer les yeux.

Le mitigeur thermostatique en forme de T (le "bouchon" en plastique bleu permet de régler la température de l'eau chaude entre 35°C et 50°C ), avec au dessus de lui le raccord diélectrique doré qui le sépare du ballon (arrivée d'eau chaude), au premier plan et en bas le flexible qui lui amène de l'eau froide, et en arrière plan la vanne à boisseau suivit d'un flexible qui isole le reste du réseau d'eau froide. La sortie d'eau chaude vers les robinets est à gauche (branchée sur un flexible suivi d'une vanne à boisseau donc).

 

Vous voyez que le principe est simple: dès que l'eau (très, voir trop) chaude sort du ballon, on la mélange avec de l'eau froide, l'aspect thermostatique permettant d'obtenir une température constante en sortie, indépendamment de la température de l'eau dans le ballon et de la température de l'eau dans le réseau d'eau froide.

 

 

Le vase d'expansion sanitaire, pas encore fixé au mur, mais déjà raccordé à un flexible lui-même raccordé à un Té qui vient s'insérer entre le chauffe-eau et le groupe de sécurité.

 

Et pour finir, une vue d'ensemble de l'installation:

L'arrivée d'eau froide se fait par la vanne rouge au fond à gauche, et via le flexible arrive au Té au milieu. La sortie de droite de ce Té alimente le ballon en eau froide (notez le groupe de sécurité en bas à droite dont on voit bien la vanne de sécurité rouge, le Té du vase d'expansion au dessus, et le raccord diélectrique tout en haut juste avant l'entrée d'eau froide du ballon), tandis que la sortie de gauche alimente en eau froide le mitigeur thermostatique (entrée du bas de ce dernier) qui dont l'entrée d'eau chaude et branchée directement sous le raccord diélectrique à la sortie d'eau chaude du ballon (à gauche donc, si vous suivez). Pour finir, la sortie d'eau chaude du mitigeur part dans le flexible le plus à gauche, vers le réseau d'eau chaude (on ne voit pas la vanne qui sépare ce flexible du réseau).

 

Les plus observateurs auront remarqué que l'évacuation du groupe de sécurité n'es pas encore raccordée, ce qui n'est pas grave puisqu'elle servira beaucoup moins grâce au vase d'expansion.

 

Bilan: presque 4 heures de boulot (plus le temps d'aller chez lerein-mèreloie choisir et acheter:), un peu plus de 100 euros de matériel (soit environ 300 euros d'économisés par rapport à l'intervention d'un plombier en urgence pour le seul remplacement du groupe de sécurité), une poignée de galères comme sur tout bricolage digne de ce nom (oublié d'acheter les raccord mâles pour les tuyau de cuivre, etc), une jolie frayeur (oublié d'ouvrir la vanne d'arrêt du groupe de sécurité => pas de pression d'eau chaude après avoir tout monté...) et une "belle" installation sécurisée.

 

Ça valait la peine de se donner du mal!

 


Où l'on ajoute le sucré

posté le 06 janvier 2011 à 21:32

Allez, deuxième essai, deuxième article.

Vous connaissez le truc maintenant, je vous refais pas une introduction complète, si? Si? Bon d'accord... où est mon lubrifiant?

Hein? On s'est mal compris? Ah pardon... bon ben je vais vous parler de mes yaourts alors.

Donc hier soir, motivation, deuxième tournée. Toujours par 8, mais avec un peu de variation. On commence par mettre un peu de douceur au fond.

yaourts avec fond sucré

De gauche à droite: confiture de figues (x2), confiture de framboises (x4) et crème de marrons (x2). Cette photo a été prise ce soir, donc après 8h de fermentation et un peu plus de 12h de réfrigération...

Je vais pas vous faire saliver plus longtemps: plongeons, goûtons! (enfin surtout moi, vous vous allez devoir vous contenter de regarder...)

plongée

Le cobaye est de la variété dite "aux figues".

Comme la confiture de figues est assez épaisse, il faut remuer un peu pour bien mélanger, ça fait de jolis effets.

yaourt et confiture

Et surtout, c'est bon. Très. Faut dire que j'adore la figue (et le yaourt, je pense que vous aviez compris).

Vu que ma chère et tendre a trouvé bon aussi, le test est considéré concluant et l'expérience sera renouvelée. Ce qui n'empêchera pas d'autres expériences, surtout qu'on a acheté un set de pot en verre supplémentaire pour pouvoir faire une tournée chaque soir.

D'ailleurs je vais pas allonger plus, j'ai une tournée aux speculoos à lancer.

Allez, hier j'avais promis de penser aux (trop rares) dames et demoiselles qui fréquentent ce lieu de perdition... je viens de me taper 25 pages de google image avec le filtre désactivé et les mots clés "sexy yogurt male", et j'ai rien trouvé de mieux que ça:
man with yogurt

Alors oui, il y a un watermark à la con et oui, le type a l'air demeuré, mais c'était ça ou du gay très très explicite.

En vous remerciant, bonsoir.


Sexy Yogurt...

posté le 04 janvier 2011 à 22:05

Commençons par le commencement: Si votre première pensée à la lecture de ce titre a été sexuelle, passez votre chemin!

Ici on parle des vrais plaisirs de la vie, les seuls qui comptent vraiment, les seuls qui aient une quelconque importance, ceux qui ont lieu à table. Et si vous avez pensé "pipe sous la table", vous êtes disqualifiés aussi. Mais je digresse.

La bouffe donc. Important. Très. Et en bon bobo - ou bonobo, allez savoir - j'ai tendance à vouloir contrôler de plus en plus ce que je mange. Le fait d'avoir une miniature de 18 mois doit jouer un peu aussi. Mais surtout je suis super gourmand. Pas gourmet, ça fait tafiole. Et ça implique des quantités ridicules. Et si vous continuez à me faire digresser tout le temps je ne vais jamais arriver à finir cet article...

Donc je suis gourmand et je veux contrôler. Comme ma belle-mère m'aime bien (si, si) et qu'elle commence à me connaître, pour mon noël elle m'a offert une yaourtière. Certes, je soupçonne la fourbe d'avoir d'abord pensé à la qualité de ce que mangera la petite mais nul n'est parfait sauf moi. Je ne peux donc pas trop lui en vouloir - ce qui ne m'empêchera pas de lui faire un cadeau de merde l'an prochain.

Du coup, hier soir j'ai lancé mon premier batch: 1L de lait demi écrémé et 1 yaourt du commerce (Auchan au bifidus, pour ceux qui aiment les détails cochons). Ca part par 8 petits pots (je laisse la production semi-industrielle au lama), mais c'est pas plus mal, parce que vu la taille, s'ils sont bon, je vais les manger par 2.

Ce matin, après 8h de fermentations, je transfère fébrilement mes petits pots au réfrigirateur.

Et en rentrant ce soir, j'avais ça:

 

Un petit pot blanc, l'air de rien

(les plus observateurs remarqueront un pot vide sur la droite... madame et la miniature ne m'ont pas attendu pour goûter!)

 

Déjà, je suis content: contrairement à ce qu'on m'avait annoncé, l'utilisation de lait demi-écrémé ne nuit pas à la texture. Ca se tient, et même ça se tient bien:

 

ça se tient même très bien

 

J'avais lu a plusieurs endroits qu'il fallait renforcer le taux de protéines en ajoutant du lait en poudre sous peine d'avoir une texture liquide. Il n'en est rien, la texture est à la fois ferme et onctueuse, je suis fort satifsait.

Au niveau du goût enfin, le résultat est à la hauteur de mes attentes: sans être complètement différent d'un yaourt du commerce, le goût est légèrement plus prononcé, avec une petite note d'aigreur à peine marquée.

Conclusion: non seulement il y aura d'autres fournées, mais je vais de ce pas commander quelques pots de plus pour pouvoir les enchaîner et varier les recettes.

 

Et pour remercier ceux qui ont lu jusqu'au bout malgré la déception initiale - mesdames et mesdemoiselles, je penserais à vous la prochaine fois, promis - du nichon au yogurt:

Annie aime le yogurt aussi

 

(vous n'imaginez pas ce que j'ai du affronter comme résultats sur google image avec comme mot clé "sexy babe yogurt" pour trouver un truc raisonnable)


EDF: a nous de vous faire préférer la concurrence

posté le 25 août 2009 à 08:56

Allez, par solidarité avec groove et hohun, je vous raconte mes propres déboires...

Ca commence aux alentours de la mi-avril. Etant mensualisé (pour me simplifier la vie... en théorie), je paye une certaine somme par mois (tous les mois la même), et une fois par an, EDF m'envoie un récapitulatif de l'année, avec équilibrage, selon que j'ai consommé plus ou moins que ce qui était prévu. En général (les 2 années précédentes), ça se passe plutôt bien, je consomme en gros ce qui est prévu, et j'ai un équilibrage de moins d'une centaine d'euros prélevé au mois de juin (donc au final a peu près pareil que les autres mois), et en juillet on recommence.
Donc là, arrive comme prévue le bilan de l'année, et c'est la première surprise: tiens, j'ai dû dépasser comme un con, j'ai 450 euros d'équilibrage... ben merde alors, pourtant l'automne dernier j'ai remplacé tout mes radiateurs (vieux convecteurs de merde par des radiateurs à brique réfractaire), c'était censé me faire faire des économies... les boules donc.

Deuxième surprise: le calendrier des prélèvements de l'année prochaine commence en juin au lieu de juillet. Donc au mois de juin, je vais devoir payer 600 euros (oui parce qu'en plus, du coup ils augmentent la somme par mois) à EDF. Heuuuuu... c'est sympa, mais ça va commencer à me faire un trou dans les finances là quand même...

Bon, par aquis de conscience, je vais quand même voir mon compteur à la cave, des fois qu'ils auraient un peu sur-estimé. En fait ils ont même gravemen sur-estimé! Calculatrice en main, je fais en gros mes comptes: la différence est quand même de 200 euros!!!

 

Bon, c'est pas grave: j'appelle la hotline, ils vont régulariser ça, pas de problèmes. C'est là qu'on voit que je suis naïf, hein?

Donc, j'appelle (début mai, parce que j'avais autre chose à foutre faire). Je tombe sur un conseiller, à qui j'explique ma situation:
 - Je viens de recevoir ma facture annuelle, y a erreur sur les chiffres, et en plus vous voulez faire repartir la mensualisation le même mois que l'équilibrage... est-ce qu'il y a moyen de corriger le tir (genre: étaler, ou commencer la mensualisation en juillet, comme les années précédentes).
 - Ben non monsieur, c'est de l'électricité que vous avez consommé, il faut la payer maintenant.

 - ... alors déjà, non, puisque les chiffres que vous avez utilisés pour me facturer sont faux. Je me demande comment vous faites d'ailleurs, puisque c'est moi qui vous envoie mes chiffres touts les 6 mois par le biais de la fiche que vous me fournissez... De toutes façons, je veux bien payer, je voudrais juste qu'on étale un peu, et que la mensualisation commence le mois où elle est censée commencer.
 - Désolé monsieur, on peut rien faire.
 - Pourquoi?
 - On est le 10 mai, pour les prélèvements de début juin tout est déjà lancé, on peut plus changer.

 - ??? Quasiement un mois à l'avance, on peut plus toucher à rien?
 - Non monsieur.
 - Mais vos chiffres sont faux!
 - On peut rien faire.
 - Si, si, on va faire un truc: vous aller arrêter tout de suite la mensualisation pour l'an prochain, puisque le prélèvement était prévu le 15 juin et qu'on est le 10 mai, ça doit être assez longtemps à l'avance. Et puis on va en revenir au bon vieux système de paiement par TIP, avec courrier et tout le merdier, hein?
 - D'accord. Du coup, pour le TIP de juin, il me faut les chiffres de votre compteur.
 - [je donne les chiffres]
 - Mais c'est très inférieur à ce qu'on a!
 - ... ... c'est un peu ce que j'essaie de vous dire depuis un moment là...
 - Je peux pas faire confiance à vos chiffres (?) il va falloir qu'un technicien passe faire une relevé (??), ça va vous coûter 45 euros (?!? WTFBBQ??!?)
 - Pas moyen.
 - De toutes façons ça fait plus de 6 mois qu'un relevé visuel n'a pas été fait par un technicien, donc il faut qu'il passe.
 - Ca c'est votre problème, de toutes façons ça fait même plus de 2 ans qu'il y a pas eu un technicien pour relever mon compteur et bizzarement ça posait pas problème quand il s'agissait de me surfacturer.
 - Si, il y a un technicien qui est passé l'an dernier.
 - J'en doute: le compteur est dans ma cave, et EDF n'a pas encore les clés de chez moi (enfin j'espère).
 - De toutes façons il faut qu'un technicien passe.
 - Non, je paierais pas 45 euros pour qu'un gars vienne lire des chiffres que je peux lire moi-même, sous prétexte que ça vous fait chier que j'arrête la mensualisation.
 - D'accord, donnez moi les chiffres (? Ah, ça y est, finalement y a plus besoin d'un technicien?)
 - [je re-donne les chiffres, déjà donnés 5 minutes plus tôt]
 - Très bien monsieur, la mensualisation est arrêtée, vous recevrez un TIP en juin.
 - Et donc je serez prélevé de trop début juin, et le TIP de mi-juin corrigera le tir?
 - Oui, oui, pas de problèmes.
 - Et ben voilà, c'est déjà mieux que rien! Merci quand même pour l'effort.
 - Je vous en prie, bonne journée à vous monsieur.

Là, j'étais presque content, je me suis dit que ça allait se régler, et qu'en septembre je re-prennais la mensualisation sur des bases saines (comprenez: des chiffres correspondants à mon compteur).

...

Passe le 10 juin, je suis effectivement prélevé de 450 euros (ouch). Passe le 15 juin, je suis prélevé de 150 euros. BORDEL!

Furax (forcément), je rappelle la hotline:
 - [j'explique mon cas, et ce qui avait été décidé avec mon précédent interlocuteur]
 - Il vous a dit n'importe quoi, on peut pas arrêter la mensualisation par téléphone, il faut faire un courrier (?!).
 - Un courrier a qui? A vous?
 - Non, à votre banque (!?).
 - Donc là je suis encore en mensualisation, et avec les nouveaux chiffres en plus?
 - Oui.
 - Bordel! ... Pardon, mais fais chier quoi! Je viens de vous filer 600 euros ce mois-ci, dont 250 que je vous dois pas réellement, j'ai un peu les boules quand même.
 - On peut rien y faire.
 - Si: vous allez me passer votre supérieur, je suis sûr qu'on va trouver une solution (là, je commençais à être vaguement agacé).

[attente interminable à 34 centimes la minutes]

 - Bonjour monsieur, qu'est-ce que je peux faire pour vous?
 - [je re-explique mon cas, bien en détails, avec tout ce qu'on m'avait dit, etc, toujours à 34 centimes la minute]
 - Oui, oui, pas de problèmes, on peut arrêter la mensualisation (Ah? Mais putain mettez vous d'accord entre vous, merde!) et on va prendre vos chiffres pour régulariser à partir du mois prochain.
 - [je descends à la cave, je relève les chiffres, je les donnes] Donc là c'est bon cette fois?
 - Oui, oui. Mais bon, faut pas vous étonner d'avoir des grosses factures quand même, avec une grande maison de 200m² à chauffer.
 - Ma maison fait 68m² (en comptant la cave, que je ne chauffe pas), c'est de l'ancien avec des gros murs épais qui isolent bien, j'ai changé tous les radiateurs...
 - Ah?
 - Oui, oui.
 - Mais pourquoi vous avez un aussi gros abonnement alors?
 - Gros comment?
 - De quoi alimenter une petite usine en fait: du tri-phasé en 18 kilo-volt-ampère (18 kilo Watt, quoi). D'après ce que vous me dites, à moins que vous ayez une machine outil, un spa, ou une pompe à chaleur (ces petites bêtes là demande du tri-phasé), c'est sur-dimensionné.
 - De beaucoup?
 - Ben un abonnement mono-phasé à 9kVA suffirait.
 - Et ça change la facture?
 - D'environ 200 euros par an.
 - ... c'est quoi cette merde? Pourquoi j'ai ça comme abonnement?
 - Ben le tri-phasé, c'était le standard dans les années 60, faut croire que ça a pas été changé chez vous depuis (bon, là je confirme: mon compteur était antédiluvien). Et la puissance, ben le conseiller que vous avez eu quand vous avez ouvert le compte a dû surdimensionner un peu (un peu...)
 - Comment on règle ça?
 - Il faut qu'un technicien passe chez vous (mais c'est une manie ma parole), mais là c'est plus nous qui géront ça, c'est ERDF.
 - Qui ça?
 - Electricité, Réseau et Distribution de France. ( digression: ERDF = La filiale qui a été fabriqué de toutes pièces quand le gouvernement a commencé à prévoir la mise en concurrence et la privatisation du marché de l'énergie. ERDF gère la production et la distribution, puis facture à EDF une location des lignes, et EDF vous facture vous. ERDF est volontairement déficitaire, ce qui permet à EDF d'être artificiellement très bénéficiaire. C'est un peu la même stratégie que pour la SNCF et Réseau Férrés de France: on met l'essentiel des coûts sur une petite boîte qui continue à être subventionnée par l'Etat, donc c'est pas grave si elle est très déficitaire puisque les contribuables paient, et la boîte principale fait du bénéfice puisqu'on lui sous-facture le coût réel de production/entretien et peut être mise en concurrence pour satisfaire les demandes de Bruxelles sur la sacro-sainte concurrence libre).
 - Et donc, je dois faire quoi?
 - On va vous prendre un rendez-vous téléphonique avec un technicien d'ERDF qui établira avec vous un devis sur le prix du changement.
 - Et en attendant?
 - En attendant on arrête la mensualisation, et vous aller re-partir sur un paiement par TIP.
 - Ok, ça me va.
 - Je vous re-passe le conseiller pour qu'il prenne le rendez-vous téléphonique avec vous et qu'il mette en place le paiement par TIP.

[ encore un peu d'attente, et je tombe sur UN AUTRE CONSEILLER!! Bon, il a quand même l'air a peu près au courant de ce que j'attends de lui... On prend le rendez-vous téléphonique avec le technicien pour le lendemain matin]
 - Et puis il faut qu'un technicien passe chez vous relever les chiffres du compteur pour passer en paiement par TIP
 - ... ... ... L'autre peut pas le faire?
 - Non, par contre on fait un geste commercial, on vous facture pas le passage du technicien qui vient relever votre compteur (manquerait plus que ça!)
 - Bon, et donc il va passer quand?
 - Le 25 juin.
 - Ma femme doit accoucher le 18 juin, le 25 on devrait être rentrés, ok.

Le lendemain, je guette l'appel du technicien.
 - Bonjour monsieur, ERDF à l'appareil. Je vous appelle pour un devis de passage de triphasé en monophasé, et un changement de puissance.
 - Oui. Donc combien ça va me coûter?
 - 135 euros.
 - Bon, je suppose que de toutes façons j'ai pas le choix?
 - Pas vraiment non, désolé, c'est forfaitaire.
 - Bon, et donc vous passez quand?
 - 15 juillet.
 - Perdu, je pars en vacances le 11 juillet, je rentre le 30.
 - Ben après j'ai pas de créneau libre avant octobre.
 - WTF?!?
 - Bon, je vais laisser un message aux services techniques pour qu'ils essaient de vous trouver un autre technicien.
 - Merci, c'est gentil.

Le gars poli, sympa, et aussi arrangeant que possible, ça m'a changé des "conseillers" d'EDF.

Un quart d'heure après, nouveau coup de fil:
 - Bonjour monsieur, ERDF à l'appareil. Je vous appelle pour un devis de passage de triphasé en monophasé, et un changement de puissance.
 - Oui, un collègue à vous m'a appelé il y a pas longtemps, il m'a dit que ce serait 135 euros, mais il avait pas de créneau libre avant octobre.
 - Oui, c'est bien ça, j'ai eu un message par le service technique (autrement plus efficace que la hotline, donc). Donc j'ai un créneau le 24 juin.
 - Ma femme doit accoucher le 18, ça devrait aller (c'est notre premier enfant, j'étais naïf). Ok.

Voilà: court, efficace, tout bon.

Intermède: le 18 juin, ma femme est toujours enceinte, et ma fille ne donne pas signe de vouloir pointer le bout de son nez. On passe à l'hosto pour contrôle, tout va bien, revenez le 20 si rien n'est arrivé d'ici là, on fera un déclenchement. Le 20 on va à l'hosto, et ma merveilleuse fille arrive enfin le 22 dans la journée... Le 23 au soir (vers 1h du matin) en rentrant de la maternité, je réalise que le mec est censé passer le lendemain... et meeeeeeeerrrdeeeeuuuuuu!! Bon, il doit passer entre 15h et 19h, y a plus qu'a espérer qu'il sera à l'heure...

Donc le 24, je laisse ma femme et ma fille à la maternité et je regagne mon chez-moi. 15h10, le gars est là (youpi!). Super sympa, on descend à la cave voir le compteur.
Et là première surprise (de la journée): il arrache l'ancien compteur.
 - Mais, heuuuuu... comment dire? Et les chiffres? Parce que j'ai un gars qui doit passer les relever demain?
 - Ah ben non, faut que je change le compteur, donc de toutes façons je fais un relevé sur mon PDA, et ce soir je vide tout ça dans la centrale et ça sera transferé automatiquement...
 - bon, ben le temps que vous bricoliez, je vais appeler la hotline pour leur dire de pas m'envoyer le technicien demain alors (j'aime autant, je pourrais rester à la maternité avec ma femme à la place).

Dont acte. Le gars au téléphone essaye vaguement de me facturer le déplacement, parce que j'appelle moins de 48h à l'avance, je gueule comme un veau (la fatigue aidant, j'étais moins patien qu'à l'habitude), il me facture rien et annule le technicien. Je redescends à la cave.
 - Par contre il passe quand votre électricien?
 - Plaît-il?
 - Ben pour passer votre tableau électrique de triphasé en monophasé? Parce que là vous avez deux tiers de la maison dans le noir et sans électricité...
 - .... je sens comme un genre de grande fatigue là...
 - Vous saviez pas?
 - Non, sinon je ferais pas cette gueule là.
 - Mais vous êtes un peu bricoleur.
 - Un peu. J'ai juste refait toute la maison en gros.
 - Alors c'est facile:faut juste relier ça avec ça et avec ça.
 - Et on pourrait pas le faire maintenant, genre?
 - Ah ben si, ça sera vite fait.
 - Merci bien.

Un quart d'heure après, le gars m'a fait la bricole, je lui offre une bière pour le remercier, il file, je retourne à la maternité, je suis content.

Et je me croyais tiré d'affaire.



15 juillet, je suis en vacances avec ma femme et ma fille chez mes beaux-parents dans le sud, on a fait un re-direction de courrier (au cas où) et là c'est le drame: une lettre d'EDF.
C'est une "Facture rectificative" où ils prennent enfin en compte les chiffres que je leur ai donné. Avec l'intervention du technicien, on reste encore en négatif, donc en bas de la facture, il est marqué qu'ils me doivent 60 euros. Très bien.
Sauf qu'avec la facture, il y a aussi un courrier:
" Vous nous devez toujours 90 euros, vous pouvez aller les payer à n'importe quelle poste avec ce courrier (WTF?) ou par téléphon avec une carte bleue (à 34 centimes la minute, bien sûr). Sinon on va couper."
Mais BORDEL DE BORDEL DE MERDE!

Donc appel:
 - [Premier conseiller que j'obtiens, j'explique mon cas de plus en plus long, mais toujours à 34 centimes la minute]
 - Ah oui, non, je comprends pas, j'ai bien un montant de 60 euros en votre faveur, vous nous devez rien.
 - Mais pourquoi ce courrier alors? C'est quoi cette somme?
 - Aucune idée.
 - ...
 - ... (pas mieux)
 - Passez moi votre supérieur (oui, ça devient une habitude mais bon, hein...)
 
 - Ah oui, alors en fait c'est parce que vous avez bloqué le paiement du prélèvement de juillet.
 - Moi? Non. Et quel prélèvement d'abord?
 - Ben pour votre mensualisation.
 - Celle qui a été arrêtée vous voulez dire?
 - Ben non, elle a pas été arrêtée, mais y a une main levée sur le prélèvement, donc il se fait plus.
 - Y a quoi?
 - Une main levée. Vous avez pas eu un conflit de paiement avec nous?
 - [je re-explique, en détails, j'en ai marre]
 - Ah oui. Alors c'est sans doute nous qui avons fait la main levée en fait.
 - Super. Et maintenant?
 - Ben vous devez aller voir votre banque pour faire supprimer la main levée.
 - JE dois aller voir ma banque pour supprimer une truc que VOUS avez fait?
 - Oui.
 - J'ai autre chose à foutre (oui, quand je m'agace je deviens vulgaire, et moi aussi je peut être laconique dans mes réponses).
 - ...
 - ...
 - Mais comment vous allez payer alors?
 - Payer quoi?
 - Les 90 euros.
 - Que je vous dois pour quelle raison? Vu que j'ai une facture sous les yeux qui me dit que c'est vous qui me devez de l'argent, puisque je vous en ait avancé au mois de juin, malgré mes appels?
 - Ben en fait en juillet vous auriez dû être encore prélevé de 150 euros, moins les 60 qu'on vous devez fin juin suite à la facture rectificative (que je n'ai eu qu'en juillet), donc il reste 90 euros à payer.
 
Et là ça coupe...
Si, si, je vous promets: un clic bien net de fin de communication.
Vaguement en colère, je rappelle, encore un peu d'attente, et j'ai enfin un conseiller
 - Passez moi votre supérieur.
 - C'est impossible monsieur, qu'est-ce que je peux pour vous?
 - Me passer votre supérieur.
 - Je ne peux pas (pourquoi? il est en train de se faire tailler une plume dans son bureau?). Quel est votre problème?
 - Mon problème c'est que j'en ai marre de raconter mon histoire à des conseillers qui ne peuvent rien pour moi. Passer moi votre supérieur.
 - Très bien (et ben voilà, tu vois quand tu veux!).

 [Bien sûr, je n'ai pas le même supérieur que tout à l'heure, mais je m'y attendais un peu, donc je raconte vite fait mon histoire]

 - Oui, il faut que vous alliez à votre banque supprimer la main levée.
 - C'est votre main levée, j'ai autre chose à faire, donc non.
 - Alors on va avoir un problème.
 - Ah bon? Sans blagues? Bougez pas, je vais vous enregistrer, ça me fera une preuve devant le tribunal (oui, là j'étais vraiment très agacé).
[Je gratouille un peu, je fais du bruit... oui, c'était du bluff, mais il avait aucun moyen de le savoir]
 - Voilà. Donc je tiens à vous prévenir qu'à partir de maintenant, cette conversation est enregistrée et qu'elle pourra servir dans un tribunal en cas de conflit entre votre société et moi. Comme il vous arrive régulièrement d'enregistrer les conversations, il n'y a pas de raisons qu'on en fasse pas de même.
 - [silence un peu angoissé du coup]
 - Donc vous me confirmez ce que vous venez de me dire précedemment: votre société a placé une main levée sur mon prélèvement automatique sans raison valable, et je dois maintenant m'occuper des démarches pour la supprimer, faut de quoi je vais me retrouver en situation de non paiement?
 - Heuuuu... non mais attendez, c'est pas la peine de le prendre comme ça, on va trouver un moyen?
 - Ah? Par exemple?
 - On doit pouvoir la faire supprimer nous, cette main levée, puisque c'est nous qui l'avons mise (tiens? c'est marrant avant on aurait dit que c'était pas possible). Je vais consulter notre service paiement et je vous recontacte.
 - D'accord, j'attends votre appel très rapidement.
 - Oui, oui.

Voilà, donc avec des menaces, on commence à se diriger vers quelquechose... c'est sympa de voir à quoi il faut en arriver pour obtenir un résultat que je juge personnellement "normal".

Un bon quart d'heure après, on me rapelle (en numéro caché, comme tout les appels que j'ai eu, y compris les techniciens, malheureusement): c'est le même supérieur que j'ai eu précedemment:
 - C'est bon, la main levée est supprimée, les prélèvements vont recommencer à se faire normalement, et à partir du 15 du mois prochain, vous ne serez prélevé que de 106 euros, pour prendre en compte la différence du prix d'abonnement. Ca vous va? Par contre vérifiez quand même que vous êtes bien prélevé le 15, à tout hasard (ouais, ouais). Et vous devriez recevoir avant la fin de la semaine un courrier récapitulaif qui devrait tout remettre à plat.
 - Très bien, j'ai enregistré vos déclarations (oui, je contiinue mon bluff, puisqu'apparement il n'y a que ça qui marche), j'attends votre courrier et je guette le prélèvement le 15. Et je vous préviens qu'au moindre problème, ça se règlera au tribunal (quitte à perdre du temps, autant que ça serve à quelquechose au bout d'un moment hein).
 - Non, non, ce sera pas la peine.
 - Si, si, s'il y a ENCORE un problème, je vous assure que ce sera la peine et que ça se règlera au tribunal.
 - Non mais il n'y aura pas de problèmes.
 - Je vous le souhaite.
 - Je vous souhaite une très bonne journée monsieur.
 - Et moi je souhaite que vous mettiez de l'ordre dans vos services et que les choses soient simples, mais je sens que nous allons rester frustrés tous les deux.


Depuis j'ai effectivement reçu un courrier signé de la main du responsable du service paiement, où ils se confondent en excuses (en plus de tout "remettre à plat" comme disait l'autre).
Le 15, le prélèvement (de la bonne somme) est passé. Ouf!
Je tiens quand même à faire remarquer:
 - qu'au final, malgré les promesses des uns et les dénégations des autres un particulier ne peut pas passer de la mensualisation avec prélèvement automatique à un paiement standard par TIP sans courrier, mais EDF peut par contre interrompre le paiement en faisant une main levée sur le prélèvement, sans motif, et sans que vous en soyez informé (en tout cas pas tant que vous n'êtes pas encore en défaut de paiement).
 - que tant que je n'ai pas eu sorti l'artillerie lourde (bluff d'enregistrer la conversation avec menace de procès à la clé), le seul à avoir été arrangeant et réellement professionel, c'est le technicien d'ERDF.

Merci à ceux/celles qui ont tout lu!

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