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posté le 20 November 2007 à 18:24
01/02/03
"J'avais décidé de commencer ce récit de manière fulgurante, avec une de ces phrases coup de poing qui accrochent le lecteur et le clouent à son siège, avide de découvrir la suite. Malheureusement, je n'en ai trouvé aucune."
Il s'interrompit et posa la liasse de feuilles sur la table. Les premiers rayons du jour, du moins ceux qui avaient échappé à la brume et à la crasse qui obcurcissait les vitres, venaient caresser son visage, adoucissant quelque peu la fatigue et l'usure de ses traits.
Un mouvement, du côté du lit, le fit se retourner.
"J'ai faim".
Il contempla la femme. Elle venait de se réveiller, et la couverture enroulée lui formait une sorte de cocon d'où n'émergeaient que son buste et ses bras nus. L'oreiller avait, quant à lui, quasiment disparu sous l'assaut de ses cheveux ébouriffés.
Il lui sourit, et ce sourire le fit, un moment, paraître presque jeune, effaçant d'un coup toutes ces années qu'il n'avait pas.
"Ne bouge pas, je vais chercher le petit déjeuner."
Oubliés, les feuillets couverts d'encre et de ratures, et la nuit de travail : le voilà qui descend les escaliers quatre à quatre, le voilà qui, pensant d'avance à ce qu'il lui dira, en revenant, choisissant ce qu'il allait lui ramener, ouvre la porte, se dirige vers la boulangerie, tout près.
Le voilà qui entend le crissement des pneus, trop tard ; et le voilà qui vole, et le voilà qui meurt.
"J'avais décidé de commencer ce récit de manière fulgurante, avec une de ces phrases coup de poing qui accrochent le lecteur et le clouent à son siège, avide de découvrir la suite. Malheureusement, je n'en ai trouvé aucune."
Il s'interrompit et posa la liasse de feuilles sur la table. Les premiers rayons du jour, du moins ceux qui avaient échappé à la brume et à la crasse qui obcurcissait les vitres, venaient caresser son visage, adoucissant quelque peu la fatigue et l'usure de ses traits.
Un mouvement, du côté du lit, le fit se retourner.
"J'ai faim".
Il contempla la femme. Elle venait de se réveiller, et la couverture enroulée lui formait une sorte de cocon d'où n'émergeaient que son buste et ses bras nus. L'oreiller avait, quant à lui, quasiment disparu sous l'assaut de ses cheveux ébouriffés.
Il lui sourit, et ce sourire le fit, un moment, paraître presque jeune, effaçant d'un coup toutes ces années qu'il n'avait pas.
"Ne bouge pas, je vais chercher le petit déjeuner."
Oubliés, les feuillets couverts d'encre et de ratures, et la nuit de travail : le voilà qui descend les escaliers quatre à quatre, le voilà qui, pensant d'avance à ce qu'il lui dira, en revenant, choisissant ce qu'il allait lui ramener, ouvre la porte, se dirige vers la boulangerie, tout près.
Le voilà qui entend le crissement des pneus, trop tard ; et le voilà qui vole, et le voilà qui meurt.
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Quelques mots ...
Lecteur, avant toute chose, je me dois de t'avertir du contenu de cet encart. Je ne vais pas m'y étendre sur ce que je suis ou ne suis pas. Non pas pour ne pas t'ennuyer, c'est le cadet de mes soucis pour le moment, et puis ça arrivera tôt ou tard ; mais pour ne pas trop en dévoiler. Ce blog est le mien, et en tant que tel m'est dédié de long en large : me dépeindre — ou tenter de le faire — en quelques mots serait, plus qu'une erreur, un mauvais calcul. Et je déteste faire de mauvais calculs, ça me frustre.
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