Douleur ? Oh non.

posté le 03 January 2013 à 02:54
Griffe, mords ; crocs, ongles, dents
Rage, blesse, coupe en dedans !
Attaque et brise
— Lacère et broie
Douleur, vraiment ; sous ton emprise ?
Douleur ? Oh non — mais, Dieu ! Quel froid.
Ce n'est que chair, ce qu'on arrache
Et ce n'est qu'os ce qui se rompt
Qu'importe alors ? Bien plus sérieux
Ce silence qui perce et hache
— (Bien plus profond.)
Douleur ? Oh non — mais, Dieu ! Quel froid.
Aveugle, soumis à ces yeux
Qui partout ne voient plus que toi
Sourd à ces sons, ces bruits, odieux
Depuis que n'y est plus ta voix
Douleur ? Oh non — mais, Dieu ! Quel froid.
Et tout ceci, tu n'en sais rien
Bien sûr
               (Ceci, cela ne se dit pas)
Oh, tout ceci, je te l'assure
C'est mieux que tu n'en saches rien.
Attaque et brise — oh, Dieu ! J'ai froid.
tags : poème, texte

Ah, le bon goût.

posté le 26 November 2012 à 16:03

Mon billet d'avion est réservé, et bien que mes valises soient encore à faire — le temps ne manquera pas pour cela, c'est certain, je reviens en France le 13 décembre, atterrissage en début de matinée à Charles-de-Gaulle, RER B jusque Denfert-Rochereau, et hop ! Paris.

Pour une grosse semaine, le temps de revoir des amis, recevoir mon diplôme de Centrale, retrouver ma famille, revoir des amis, passer mon permis, retrouver ma famille, revoir des amis.

Puis une semaine au Pouliguen, retrouver ma famille, être assassiné par mes neveux, fêter Noël, retrouver ma famille. Puis retour à New-York pour le Nouvel An.

Joie.

La partie légèrement comique, c'est la cérémonie de remise des diplômes. Pour une fois, Centrale fait bien les choses (en l'occurrence, déléguer l'organisation aux élèves). En plein Paris (youpi !), au siège de l'Unesco (hourra !), avec deux invités/parents (vivat !), réception formelle avec champagne (hallelujah !) ...

et une cravate offerte par l'École.

Hum.


Sledgehammer!

posté le 12 November 2012 à 00:21

Ce matin, mon réveil a sonné à 6h15; à 7h15, j'étais à la 72th et Amsterdam, avec une amie, pour monter dans un de ces fantastiques bus jaunes (mais Otto, hélas, nous a fait faux bond).

Direction Staten Island. Arrivée à 9h.

Jusqu'à 15h30, muni d'un de ces machins, on a coupé des clôtures, détruit des murs rongés par l'humidité dans des maisons sinistrées emplies de boue, déblayé des sacs de gravats, et vu des volontaires mandatés par l'église de scientologie distribuer des sacs poubelles.

Un peu mal aux bras.

tags : sandy

On the Quest for Understanding

posté le 06 November 2012 à 21:54
Tiger got to hunt,
Bird got to fly;
Man got to sit and wonder, "Why, why, why?"  

Tiger got to sleep,  
Bird got to land;  
Man got to tell himself he understand.

The Books of Bokonon, "On the Quest for Understanding" [81], Kurt Vonnegut


Roadmap.

posté le 09 September 2012 à 21:23
  • Retour en France pour une soutenance de stage* : effectué.
  • Avion pour New-York après 4 jours en France : pris.
  • Programme de PhD : commencé.
  • Premiers cours : suivis.
  • Premières Office Hours** : mardi.
  • Course de 5K avec Columbia : finie, vendredi matin.
  • Course de 10 miles dans le Bronx, avec les NYRR : achevée, ce matin.
  • Course de 60K à Central Park : le 17 novembre.
  • Enterrement*** : le 18 novembre.

 

* Et voir ma famille, surtout. Ne déconnons pas trop.
** Je suis TA (Teacher Assistant, plus ou moins chargé de TD) pour le cours assuré par mon maître de thèse, cours que je suis, par ailleurs. 
*** Je veux être incinéré, et que de belles jeunes filles éplorées viennent se lamenter devant mon urne. Comme en 2002 avec Le Pen au second tour.


Montreal

posté le 11 August 2012 à 15:52

(ce qui suit était originellement une partie d'un email envoyé à ma famille et mes amis. Les parties importantes, sensibles ont été subséquemment retirées, afin de ne laisser que l'ossature du message, c'est-à-dire la structure nue, neutre, sans trop d'intérêt ni bouts de viande ou détails croustillants - selon la méthode dite de Marc Lévy.)

Pour changer mon visa de J-1 à F-1, j'ai dû quitter le pays (!) et aller dans un consulat américain. Entre la France (loin), le Mexique (dangereux), Cuba (géostratégiquement stupide) et le Canada (linguistiquement aberrant), j'ai opté pour le Canada. Rendez-vous hier  matin au consulat de Montréal, après 8 heures de bus (et une arrivée à 7h20).
En grande forme, cela va de soi.

Ça s'est bien passé, je devrai avoir mon visa d'ici mardi.
Sur ce , foin des phrases, voici les photographies ! Prises avec mon smartphone américain, pas très smart, et absolument plus phone du tout depuis que j'ai passé la frontière du Canada.

http://www.dropbox.com/gallery/7420375/1/Montreal-08-2012?h=868696

Reunions|Princeton + Bonus|Home

posté le 31 May 2012 à 02:04

Demain, Princeton ! Pour trois jours de Reunions, c'est-à-dire de fêtes orgiaques (enfin, c'est ce qui nous est promis) où les anciens, les alumnis, reviennent pour oublier qu'ils ont vieilli ou prouver qu'ils ne l'ont pas. Je crois que je vais traîner avec les +1 (promotion 2011) et les +5, mais de ce que je me rappelle, les bouteilles des tentes ont une qualité proportionnelle à l'ancienneté de la promotion qui les occupe. Il y a un compromis à trouver.

En somme, si je ne donne pas de nouvelles d'ici lundi, c'est normal.

Et en bonus, pour étoffer cet article assez creux : Drinkify, le site indispensable à tout être humain digne de ce nom. Car ne nous leurrons pas, ce n'est pas tout d'écouter de la musique et de fournir à ses tympans délicats la douce musique des sphères ; il y a la manière. Écouter Lisa Ekdhal en sirotant un cognac, c'est bien plus qu'une faute de goût, c'est une hérésie. Ce site y remédie.

Pour la petite histoire : Jacques Brel, Georges Brassens et Léo Ferré se marient très bien avec une bouteille de vin rouge ; quand Brigitte Fontaine, elle, requiert du vin rouge de table. Nuance.
(et, sans trop de surprise, avec Marianne Faithfull, c'est du Bourbon.) 

tags : bonus, reunions

Welcome to Catch-22 (This is America, baby!)

posté le 29 May 2012 à 15:48

Nous sommes le 05/29/2012 - car, non contents de parler en feet, miles, pounds et ounces, il faut aussi pour les Américains mettre les dates à l'envers pour vous retourner le cerveau.

Mon stage a commencé le 04/02/2012. Deux mois, donc.

Il m'a fallu plus d'un mois pour obtenir ma carte d'étudiant pour faire des choses aussi incroyables que, disons, ouvrir des portes. Un mois et huit jours pour être précis - pourquoi ? Parce que mon statut actuel est "Visiting Scholar", stage oblige, et qu'en septembre je serai "PhD Student". Et que deux statuts comme celui-ci sont apparemment contradictoires pour l'administration de Columbia, composée de 5 entités subdivisées en 19 départements séparés en 15 bureaux cloisonnés en 27 équipes qui se renvoient la balle et ne s'adresse pas la parole.
Enfin, c'est l'image que je m'en suis bâtie. 

Mais je suis PhD Student, j'ai une belle carte, et les avantages (musées gratuits, etc.) qui vont avec. Ouf.

Ah, le salaire. Eh bien, pour les mêmes raisons - administration, formulaires, alignement de Pluton avec Vénus et le pied de chaise de la secrétaire - je ne recevrai mon premier salaire que vendredi. Vendredi 1er mai, oui monsieur, oui madame, soit deux mois à vivre à New York sans revenus. Je dois donc de l'argent à mes parents, ma soeur, un ami, mes deux banques, et probablement un peu à la personne qui a oublié un billet de 5 dollars devant ma porte il y a deux semaines. Alors soit, vendredi je serai "riche" (deux mois de salaire, hurray !), mais en attendant je tire le diable par la queue, et il n'aime pas trop ça. Il y a des rice balls au homard délicieux pour 2$ pièce à Chrystie St, soit dit en passant.

Ça, c'est pour Columbia. Parlons de ma banque, justement. Sans mentionner - soulignons la prétérition à venir, j'en suis tout émoustillé - mes déboires avec ma banque française, qui ne répondait à aucun de mes emails pendant deux mois (je n'avais pourtant fait que demander des précisions sur un prélèvement de 20€ que je ne m'expliquait, pas un audit de leurs comptes depuis 1954), qui m'apprend au détour d'un email que j'ai changé de conseiller (ah ? Merci de prévenir), mais que le nouveau est en formation et que tout le monde part en vacances dès que j'envoie un message, et qui ne consent à me donner signe de vie qu'après intervention de ma mère et de ma soeur. Je suis "client Premier", au passage. Je cherche encore pourquoi et pour quoi.

Non, sans mentionner l'HSBC France, parlons de la HSBC USA, où j'ai le même statut, et où j'avais un compte depuis mon semestre d'échange l'année dernière. Compte qui est resté bien ouvert pendant un an, mais dès que je suis revenu et ai commencé à l'utiliser, v'là-t-y pas que mon (autre) conseiller Premier (on ne s'en lasse pas), américain celui-là, me demande des renseignements à tout va (adresse, emploi, revenus des parents, copie de passeport, taille du chien de ma nièce, le tout envoyé en FedEx) pour être sûr que j'utilisais bien mon compte.
Ben oui, crétin, tu n'as qu'à regarder les relevés.

Une fois tout ceci effectué, et un "merci de votre patience monsieur, votre compte est sauf", silence radio. Jusque mi-avril, où l'on me ferme mon compte.

Ah, tiens.

(Soit dit en passant, il y avait 10$ dessus, je me demande encore où ils sont partis. "Envoyés par chèque à votre adresse". Hum ? Pas celle de New York, en tout cas.)

Et depuis, M. Conseiller-USA me certifie qu'ils font tout leur possible, que mon compte va être rouvert incessamment sous peu, qu'il est rouvert mais que je ne peux pas y accéder (?!), puis silence depuis vendredi.

Donc, vendredi prochain, je vais être payé, mais à part le contempler, mon chèque, je ne vois pas trop ce que je vais pouvoir en faire. Et puis vendredi, je devais aller à Princeton, moi, pas retirer un chèque à Columbia, New-York. Et en attendant, utiliser un compte français depuis les États-Unis, ça passe quand il y a une HSBC dans le coin, mais sinon, il y a quelques ... frais ? Manquerait plus qu'ils me comptent des agios.

Bande de cons.

tags : bureaucracie, hsbc

Être né sous le signe de l'Hexagone ...

posté le 23 April 2012 à 17:37

Hier, j'ai assisté aux résultats du premier tour en prenant un brunch à Opia, dans un quartier somme toute assez huppé de Manhattan, tenu par un Français. Dans la salle, sans trop de surprise, uniquement des Français, aux tendances plutôt bleues que rouge vif. Quelqu'un a même applaudi l'allocution de Marine le Pen, sans doute en oubliant que le principe d'être expat' dans un pays étranger reposait légèrement sur l'immigration.

Je ne sais pas dans votre cas, mais j'imaginais déjà Mélenchon en troisième homme, Marine le Pen reléguée dans les poubelles de la non-démocratie avec un score à un chiffre, et le Front National voué à imploser d'ici les législatives sous la pression des luttes intestines.
N'oublions pas que les intestins sont les organes transformant nos déchets et rebuts en merde.

Je ne vais pas me lancer dans une analyse à la mord-moi-le-noeud de ce qui ressort du scrutin, je n'ai pas la compétence pour cela ni l'envie de dire des énormités en me flattant de lucidité. J'aurais aimé éviter de voir Guéant s'en charger en direct, par ailleurs. Pour l'anecdote, j'ai beaucoup aimé la réaction de Mélenchon, et son discours, et son appel à voter "contre Sarkozy, en utilisant le seul bulletin à notre disposition", "sans rien demander en échange". Non, pas un appel à voter pour Hollande.

Mais tout de même, Marine Le Pen, 18% ?! 18% des votants (donc, vu le peu d'absention, environ 15% des Français en âge de voter) votent, en tant de crise, contre l'autre, contre les autres. Pour faire deux poids et deux mesures, pour la discrimination ; pour le droit au confort, au nombrilisme. Pour le droit de naissance - parce que, quand on naît un peu ailleurs, il devient juste, défendable de n'avoir pas les mêmes droits, et on ne peut pas accueillir toute la misère du monde, après tout, alors pourquoi essayer ? 15% des Français votent, en toute âme et conscience (parce que, arrêtons de nous leurrer, c'est un vote idéologique, pas uniquement de crise. Un vote de crise, ça peut s'exprimer sans voter pour la haine ; le mépris de l'autre, ça ne vient pas dans un paquet-bonus avec la détresse, la déception et le rejet d'un système), en toute connaissance de cause, pour quelqu'un qui s'affiche avec des néo-nazis et des fascistes purs et durs en  Autriche et Italie. 15% des Français sont prêts à fermer frontières, coeur et yeux pourvus qu'on leur promette des lendemains qui ne déchantent pas.

Je vomis Guéant, je hais la politique d'immigration du gouvernement actuel, et je ne comprends pas comment on peut la défendre. J'étais persuadé que les Français ne pouvaient pas manquer de rejeter tout ce qui, ces cinq dernières années (et même davantage, en tout état de cause) a mené à des quotas d'expulsion, des stigmatisations à tout va, des débats nationalistes aux relents d'égoût, une xénophobie et une peur de l'autre diffuses et de plus ou plus assumées. Et voilà que plus d'un Français sur sept en redemande, et plus fort, et plus loin s'il vous plaît !

Et je ne comprends pas comment on a pu en arriver là, et je ne comprends pas pourquoi, et je ne comprends pas si je me suis leurré sur mon pays depuis le début, ou si mon pays a changé pendant que je regardais ailleurs, convaincu qu'après 2002, qu'après un quinquennat comme celui qui vient de s'écouler, qu'après tout ce que l'on se vante d'être et d'avoir été, en tant que nation, pays, peuple, on ne pouvait qu'espérer.

La France ne croit plus à la politique, n'a plus confiance dans le système ? C'est compréhensible. Mais pourquoi, en cas de crise de foi, choisir les urnes pour aller vomir ?

 


Premiers jours, et j'ai un Maître.

posté le 30 March 2012 à 13:18

J'absorbe le décalage horaire, et ai passé la journée d'hier à me promener dans New-York. La visite de Columbia et les rencontres avec les professeurs est prévue dans deux heures, et ça va durer deux jours.

Tiens, d'ailleurs, le premier professeur avec qui j'ai un entretien s'appelle Adam. Adam Cannon.

Oh, et ce qui ne gâte rien, j'ai la confirmation à distance que, modulo la soutenance de mon stage à venir, j'ai obtenu mon Master. Il me fallait 30 ECTS, j'en ai 32.

Notes de M2

Joie. Bon, la modélisation algébrique des structures informatiques de la linguistique, qui n'est ni de l'informatique ni de la linguistique (mais qu'est-ce ?! Toujours pas compris.), on oublie.

tags : master, new york

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Lecteur, avant toute chose, je me dois de t'avertir du contenu de cet encart. Je ne vais pas m'y étendre sur ce que je suis ou ne suis pas. Non pas pour ne pas t'ennuyer, c'est le cadet de mes soucis pour le moment, et puis ça arrivera tôt ou tard ; mais pour ne pas trop en dévoiler. Ce blog est le mien, et en tant que tel m'est dédié de long en large : me dépeindre — ou tenter de le faire — en quelques mots serait, plus qu'une erreur, un mauvais calcul. Et je déteste faire de mauvais calculs, ça me frustre.

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