[01/27] Dammit, there's snow everywhere!
Hier soir, tempête de neige. Enfin, neige en tout cas. Froid. On a rencontré les autres exchange students (deux italiens, une suédoise), et failli prendre un verre avec eux - opération annulée pour cause de neige dans les yeux. Je vais le répéter, il neige.
Je ne dois pas encore avoir totalement récupéré du décalage horaire, à en croire mon heure de réveil ce matin (ou bien c'est àcause du froid ? Les couvertures ne sont pas fournies, et je n'en avais pas acheté hier, les magasins étant fermés pour cause de ... neige). Réveil à 6:00 (ouch) ... je prends mon petit déjeuner, ma Tiger Card et mon courage à deux mains : direction le gym !
Maman, ces gens sont fous. Ils étaient déjà là à 7:30 ! (d'accord,13:30 en France, mais ils ne savent probablement pas où est la France ni quelle heure il y est, donc l'argument n'est pas valable). Pendant une demi-heure, j'ai testé un appareil absurde, mélange de vélo et de tapis de course, en regardant la télévision où des gens débattaient d'un volcan sous Yellowstone qui pouvait tout faire péter ("the America as we know it") à tout moment, mais inutile de paniquer surtout ce n'est pas le but. Ensuite, dix minutes de rameur, juste pour pouvoir manger un repas "taille américaine" sans penser à mon AVC à venir. Ah, le gym est ouvert, gratuitement, de 6:30am à 9:30pm, mais c'est uniquement pendant l'intercession entre les deux semestres. D'habitude, c'est jusque 1:30am. Faut pas déconner quand même.
Tout à l'heure, on nous emmène faire des courses au Wall-mart (aventure, aventure !) - mais pas tous en même temps, le van ne peut être utilisé pour cause de ... neige. Oui, j'ai oublié de le préciser, trop occupé à répéter "neige", mais il y en avait 20 bon centimètres ce matin. Car ici, il neige.
Et sinon, j'ai un portable américain chez T-Mobile, une chambre pas trop mal, et la permission expresse du prof pour suivre le cours ELE 571, Digital Neurocomputing., normalement réservé aux Graduate Students (je n'ai que le statut que Senior)(1).
En route pour de nouvelles aventures, mon vieux Milou !
- (1) Le cursus universitaire est a minima de 4 ans - dans l'ordre : Freshman, Sophomore, Junior, Senior. Puis Graduate, une fois qu'on a le diplôme et prépare un PhD (doctorat).
[01/26] En route pour Princeton !
- Acheter un téléphone et un abonnement T-Mobile (pas d'iPhone, malheureusement, les gens à l'Apple Store m'en ont découragé, en parlant d'un forfait de deux ans à souscrire)
- Reprendre un café à volonté (m'y habituerai vite, à ça ... c'est juste un peu plus surprenant quand c'est la pinte de Diet Coke qu'ils viennent resservir en douce, sans rien demander)
- Ne pas reprendre un hamburger de la taille d'une petite vache.
- Pennstation, puis Dinky, puis ... Princeton !
[01/25] New York, 17th
Arrivés hier soir, accompagné de deux imprévoyants (dont une imprévoyante) qui avaient chacun deux valises de 23 Kg. Évidemment, dans les métros de la ville, il y a des escaliers - le trajet a été agréable, foutue galanterie.
Icelandair, je me répète, c'est incroyable : les billets les moins chers - un prix presque ridicule ; des boissons à volonté dans l'avion, des films, séries, musique (leur biblithèque allait de ... Sigùr Ros, évidemment, à Damien Rice), et des repas corrects pour une bouchée de pain. Et une fois arrivés, les contrôles de douane, le froid, et finalement l'hôtel. C'est incroyable, il y a des taxis partout. Plein.
Encore aujourd'hui à visiter la capitale, après quoi on prendra le "dinky" pour aller à Princeton, où pendant trois jours nous visiterons, choisirons nos cours, verrons à peu près tout ce que la planète peut compter de deans et de James, visiterons encore, etc, etc.
Et ici, la fenêtre me l'affirme, il neige.
[01/24] Charles de Gaulle
Valise à la main et sous les yeux, je suis au terminal 1 de l'aéroport. Mon avion est à 13h20, il est 10h09 : je ne devrais pas être en retard.
Au programme : escale à Reykjavík (Iceland Air oblige), puis arrivée à New-York - 10h45 de trajet au total.
C'est une sensation assez étrange, je n'avais pas vraiment réalisé auparavant : là, c'est vraiment le départ.
First, we take Manhattan ...
- They sentenced me to 20 years of boredom
For trying to change the system from within
I'm coming now, I'm coming to reward them
First we take Manhattan ...
Le 24 janvier, 13h20. La date où je m'éloigne approche ! Ça y est, j'ai choisi mes cours, obtenu mon visa, rendu mes clés. Encore une semaine de cours désagréables, et puis ...

... et puis l'inconnu, pour au moins cinq mois. Loin de la grisaille de Châtenay, dans quelque chose de totalement nouveau, sur un continent où je n'ai jamais rien mis, pas même les pieds. Hourray ! Hourray !
Suffit plus que de convaincre mes amis de venir là-bas.
2011 : prime of life !
Résolutions pour 2011 :
- - faire mieux que 2010
- - survivre jusqu'à la fin du monde de 2012
- - améliorer la façon dont je passe habituellement les journées de la Saint-Valentin
- - parler anglais avec des Russes
- - ne pas me voir refuser l'accès au continent américain le 24 janvier
- - revenir pas trop grognon, joyeux et un peu moins simplet
Le reste, on verra plus tard ;)
Bon, puisque c'est comme ça, je vais me recoucher.
Encore une écriture à contrainte, cette fois en poème : faire un autoportrait allégorique en vingt vers, et en insérant des mots parmi une liste que j'ai depuis longtemps perdue. Vingt verres, c'est dur, surtout vers la fin.
Le miroir, ce matin, me lançait des œillades
Au réveil, comme ça, je l'ai trouvé gonflé
Je manquais de sommeil et n'étais pas rasé
Niveau charme et attrait, j'étais dans la panade
Hélas, face à son tain, je n'avais pas une chance
Et Narcisse à l'instant en moi l'a emporté
J'ai - la fatale erreur ! - fini par me tourner
Et j'ai connu l'horreur, subi son froid toucher
Jadis, oh oui, jadis, j'avais de la prestance
Vénus en son jardin m'accordait sa faveur
Pas un jour ne passait - que dis-je ? pas une heure
Sans qu'Orgueil et Superbe viennent me visiter
Ô mes belles années, où vous ai-je égarées ?
Et toi, oui, toi, jeunesse, pourquoi cet abandon ?
Je ne suis pas si vieux : pourquoi ces yeux, ce front ?
Pourquoi ma déchéance ? Comment, « trop picolé » ?
C'est l'appel incessant de la dive bouteille
Qui aurait fait de moi cette loque innommable ?
Et ce serait Bacchus, de son épée vermeille
Qui aurait massacré mes traits si agréables ?!
Nikki Yanofsky
Avec un nom pareil, elle pourrait aussi bien être championne de patin à glace en apnée dans la mer Caspienne. De toute façon, c'est imprononçable, et en plus elle est canadienne.
Comme il y a quand même une justice, pas vrai Michel, pour compenser tout ça elle chante. Bien, d'ailleurs, sinon je ne vous en ficherais pas un billet. Adoncques, Nikki avec des k comme dans Buzzati est « une chanteuse québécoise anglophone de jazz et pop vivant à Hampstead, une agglomération de Montréal au Québec. ». J'aime quand Wikipédia dit ça, ça me fait rêver.
Pour clore rapidement cette note laconique et fermer ma gueule, le message est le suivant : Yanofsky ne va pas écouter ce qu'elle chante devrait avoir honte.
http://www.myspace.com/nikkiyanofsky - http://www.nikkionline.ca/
Même TSF Jazz la passe, gratuitement en plus, ce qui n'est pas cher du tout la passe.
Pour ceux que l'IA, les jeux ou un mélange des deux intéressent ...
Au menu : des notions d'intelligence artificielle, des algorithmes classiques utilisés dans les jeux ; puis une présentation des algorithmes génétiques, des réseaux neuronaux, de l'apprentissage par renforcement, et de ta mère.
Un rêve en blanc ?
(écrit pour un concours de nouvelles, dont le thème était « Un rêve en blanc »)
Conformément aux prévisions du Service Météorologique, des trombes d'eau s'abattent depuis ce matin sur la ville, les trottoirs, et les rares passants qui les arpentent d'un pas pressé. Il fallait s'y attendre : le Service Météorologique ne commet jamais d'erreur - et les passants en question, avec leurs habits légers, frigorifiés et dégouttant de pluie acide et sale, ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes.
Je m'appelle George, et je suis journaliste. Tous les soirs, je transmets par courrier électronique mon bulletin de la journée au quotidien dont je dépends - inutile de vous en donner le nom, vous le connaissez forcément - bulletin dans lequel je rapporte, le plus objectivement et clairement possible, les actions importantes, révisions de textes et nouveaux décrets promulgués par le Gouvernement. Ce courrier, encodé numériquement à l'aide de mon certificat électronique personnel à des fins d'identification et de sécurité, est ensuite envoyé à l'Édition, puis soumis au Bureau de l'Information, où, après avoir été revu, élagué et approuvé par les Délégués à la Communication, il est intégré à l'édition du lendemain, dans la section « Rappel de la Politique et des Lois de la République », édition qui sera communiquée à l'ensemble des Citoyens, par le biais de leur identifiant digital, à 5h20 précises. Les articles, cela va de soi, ne sont jamais signés - vous avez déjà dû vous en rendre compte.
Nous sommes une centaine à travailler dans mon service, du moins je crois. N'ayant jamais vu les autres, je ne peux que conjecturer, en me basant sur la quantité de mots imprimés et ma production propre. Propre, pas personnelle - il n'y a pas grand chose de personnel dans ce travail. Parfois, je me demande à quoi ils ressemblent. Les autres. Cheveux gris, cernes noirs, traits tirés ? Jeunes et beaux, peut-être.
Bah, à quoi bon. Le Bureau nous a étalés sur l'ensemble du territoire, anonymes et isolés, et nous ne nous verrons jamais. Je ne verrai jamais que les passants par la fenêtre, et les autres membres de ma section. Eux, je les vois trop, le matin au déjeuner, le midi à la cantine, au gymnase, en vacances, et sous le gros œil de la télévision, le matin, le midi, le soir, encore et toujours le gros œil.
Non, je me disperse, ça devient incompréhensible. Je recommence.
Dystopie, n.f : récit de fiction peignant une société imaginaire, organisée de telle façon qu'elle empêche ses membres d'atteindre le bonheur, et contre l'avènement de laquelle l'auteur entend mettre en garde le lecteur. La dystopie s'oppose à l'utopie : au lieu de présenter un monde parfait, la dystopie propose le pire qui soit.
C'est ce que j'ai trouvé, dans un vieux dictionnaire - un d'avant, où l'on trouve encore des mots de ce genre. Sauf que maintenant, la définition a changé, parce que la dystopie, ça va faire vingt ans qu'on est en plein dedans.
Dystopie, n.f (archaïque) : mot soigneusement retiré du vocabulaire officiel.
Tout a commencé insensiblement, il y a environ trente ans - mine de rien. Chômage en hausse, angoisse généralisée, peur du lendemain. Insécurité galopante : les gens avaient peur, de rien en particulier d'ailleurs. J'ai l'impression que c'était il y a des siècles. Petit à petit, on a commencé à voter contre, contre les peurs, contre les autres. Pour les Solutions avec un grand S, sans comprendre que c'était le meilleur moyen d'en voir deux poindre, accolés. Et on médisait en douce - c'est la crise, tu te rends compte, il fait quoi le gouvernement, et tu as vu la nouvelle voiture du voisin ? On se demande où il a trouvé tout cet argent - oh, tu sais bien comment ils font, ces gens-là. Etc. « Ces gens-là. »
Les conditions réunies, il suffisait d'attendre ; et cela n'a pas tardé. Le personnage du Leader, l'ascension en flèche - les sondages, le plébiscite populaire, la campagne orchestrée de main de maître. Représentation permanente, sourire rassurant, réponses à tout et bon sens populaire. Quelques Cassandres, vite étouffées : personne n'aime les oiseaux de mauvais augure. Et puis, à part lui, vers qui d'autre se tourner, de toute façon ?
Élections, remportées bien sûr.
Ensuite, évidemment, c'était déjà trop tard. Les lois se sont succédées, sans que personne ne les lise vraiment, ou ne réalise ce qui se passait ; des lois qui se contredisaient, qui se reprenaient, se précisaient. Amendements, décrets, réformes - il fallait aller de l'avant, rester immobile c'était déjà reculer, et puis la peur, toujours, l'aiguillon de la peur. Le gros œil s'ouvrait et les journaux commençaient à se taire. Ce n'était pas juste le Leader, d'ailleurs - un simple pantin, un cristallisoir. Tout allait vite, très vite, comment aurait-on pu voir ce qui se mettait en place ? Et pourquoi aurait-on voulu le voir ? Confortable, rassurant d'être mené. Une dizaine d'années a suffi.
Il pleut, et il suffit de consulter l'édition électronique du Quotidien pour voir que le Service Météorologique l'avait prévu - tout comme hier il avait prévu qu'il ferait un soleil resplendissant ce matin. Tout comme les nouvelles lois d'aujourd'hui existent depuis l'établissement de la Constitution.
Personne ne manque de rien, ici - nous mangeons tous à notre faim, vivons vieux et heureux, et le gros œil nous distribue chaque jour notre ration de divertissement et de joie. Je ne verrai probablement jamais les membres des autres Sections.
Et comme chaque jour, je mets une nouvelle liasse de feuilles dans la machine à écrire que j'ai trouvée à la cave, et je fais le récit de ce qui s'est passé. Comment tout a basculé. Pourquoi. J'écris tout ça, et j'oublie pendant un bref instant que moi aussi, je suis responsable, et que les relents de pourriture et de lâcheté ne viennent pas uniquement de dehors. J'écris tout ça, puis je regarde la liasse, la liasse qui finira au feu, comme chaque jour. Qui finira au feu, parce que finalement, oui finalement, à quoi bon ? Je pourrais tout aussi bien écrire sur mon ordinateur personnel, avec ses mouchards et son écran accusateur - qu'ils le sachent ou non, ça n'a plus aucune importance. Il est trop tard.
Certains tirent des balles comme ça, à blanc. Moi, je rêve de pouvoir revenir en arrière - quand j'étais sans emploi, quand on allait voter. Je rêve comme ça, à blanc.
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Quelques mots ...
Lecteur, avant toute chose, je me dois de t'avertir du contenu de cet encart. Je ne vais pas m'y étendre sur ce que je suis, ou ne suis pas. Non pas pour ne pas t'ennuyer, c'est le cadet de mes soucis pour le moment ; mais pour ne pas trop en dévoiler. Ce blog est le mien, et m'est dédié de long en large : me dépeindre - ou tenter de le faire - en quelques mots serait, plus qu'une erreur, un mauvais calcul. Et je déteste faire de mauvais calculs, ça me frustre. Adoncques, voici plutôt quelques liens fort intéressants, que je t'encourage vivement à suivre, mais pas trop loin non plus, il s'agit de revenir après : Samoth, le site d'un projet de jeu de rôle libre, statique, un suissien bien plus intéressant que moi, et le château de ma mère, où ça cause bouquin par écran interposé. On n'arrête pas le progrès.
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