Pas facile d'être misanthrope : il m'a fallu bien des années.

La belle au bois dormant a perdu sa chaussure ;
Le monde entier la hait.
S'en tenir à son rôle n'est pourtant pas si dur
Il faut croir' qu'elle a oublié
Que les gens n'ont d'oreille que pour ce qu'ils connaissent
C'est-à-dire pas grand chose
Et que les gens n'ont d'yeux que pour ce qui est laid
Ça leur est familier.
Le pire qui puisse, au fond, jamais nous arriver
C'est que la laideur disparaisse
Nul n'aime vraiment la beauté,
Tous aiment les miroirs.
(Pourtant, ils réfléchissent, eux)
J'avais aussi écrit une petite comptine dont on m'a dit le plus grand bien (i.e, qu'elle pourrait, je cite, "servir de pièce à charge si jamais on voulait m'interner"), où il était question de loups ; malheureusement, je l'ai oubliée en salle de cours. Si je la retrouve, un jour, peut-être, qui sait ...
La chose ci-dessus, elle, vient d'une heure passée, assis, au bord de la Seine, ce soir. C'est très joli, la Seine, le soir.
Je n'ai pas de titre.
En tant de temps, je n'ai lu qu'un livre, Voyage au bout de la Nuit ; et il m'en a fallu, des jours. Bon livre, style agréable ; mais pas très diversifié. Dans toute situation, à chaque page, dans chaque pays, à tout âge, l'auteur, à travers son personnage, crache sur l'humanité. Rien de raciste, à peine misogyne : tout le monde en prend également pour son grade, qu'il soit noir, blanc, juif, prêtre, homme, femme ou vieux. Les enfants sont un peu moins insultés, parce qu'il reste un vague espoir en eux : ils n'ont pas encore montré à quel point ils étaient sales et pourris. J'ai vu des films, aussi.
Et puis j'ai couru ; ce dernier mois, une grande partie du temps que je ne passe plus à l'ordinateur, je cours. Deux heures, trois heures par semaine en moyenne. Et puis, j'attends : pour les Chrétiens, le Royaume de Dieu viendra, voyant paix et bonheur s'établir sur Terre. Marx, après la dictature du prolétariat, le proclame, on aura l'équivalent, l'âge d'or de l'humanité, à tout jamais, la perfection atteinte, Dieu en séculier.
Mon âge d'or, quant à moi, je l'espère dans six mois. En attendant, le monde suit son cours, et je suis les miens, malheureusement.
Ce triste sire
Parlons de quelqu'un d'autre, un inconnu parfait ; quelqu'un qui ne serait ni moi, ni toi, ni vous.
quelqu'un dont on pourrait, sans nulle conséquence,
disséquer les passions,
moquer, honnir, dire un mal fou ; ou bien applaudir à outrance.
Quelqu'un, ni toi, ni moi, ni vous.
Parlons un peu de lui, dressons-en le portrait,
un peu veule, plutôt lâche, qui vit comme on respire
sans trop savoir pourquoi
quelqu'un d'assez banal
comme toi, comme moi
comme vous
Voyez ce triste sire
écoutez son histoire - il en a une, c'est de son âge
il est maussade
on peut l'entendre geindre
mais c'est qu'il ne rit plus, l'animal !
Lui qui avant était si gai.
Bah, ça lui passera
après tout, il est seul à blâmer
pourquoi le plaindre ? amoureux, quelle idée !
il se croit le premier à se sentir tout chose
le premier à aimer
il la regarde, veut lui parler
il ne sait pas vraiment par quel bout commencer
Son coeur bat la chamade
et le voilà morose.
Et il faudrait le plaindre ?
il n'avait qu'à oser
cet être sans courage.
Sweeney Todd
Ce Londres de l'ombre est si bien rendu, à lui seul il vaudrait le détour. Et évidemment, il n'est pas seul : Johnny Depp est absolument convainquant, parfait : sombre à souhait. Helena Bonham Carter ? Tout autant. L'histoire n'est pas vraiment complexe, mais elle fait mouche ; les dialogues (chantés, ce qui déstabilise un peu au début, mais on s'y fait très vite) sont chargés d'émotion : qu'ils soient tragiques, tristes, guillerets ou même comiques.
Moi qui avais été plutôt déçu par "Charlie et la Chocolaterie", me voilà rassuré : Burton sait encore faire des merveilles avec des acteurs de chair et de sang. Surtout de sang, au passage.
En un mot comme en cent, c'est un film à voir, sur grand écran de préférence. Les flots n'en seront que plus rouges.
So far, so far.
J'ai fini de lire Macbeth en version originale : je ne le conseille pas à ceux qui, comme moi, ont un niveau correct en anglais sans être exceptionnel. Soit on se contente de comprendre l'intrigue en perdant toute les subtilités de style et la richesse de la langue, soit on déchiffre péniblement et l'on perd tout le rythme et l'immersion. Dommage, parce que c'est quand même agréable à lire, malgré ces légers inconvénients. Beaucoup de meurtres, du sang et des pleurs ; et Macbeth, qui est éminemment sympathique, même lorsqu'il s'en va poignarder son roi et s'en fout plein les mains. Yet who would have thought the old man to have had so much blood in him ?
Là, je me suis plongé dans un livre d'Erik Orsenna (auteur de La grammaire est une chanson douce), Voyage aux pays du coton : petit précis de mondialisation ; pour le moment, ce n'est pas de la grande littérature, mais ça a le mérite d'être intéressant et bien écrit. La mondialisation me laisse un peu froid - le monde, c'est tellement loin ! ; aussi, j'avais peur de m'ennuyer assez méchamment. Eh bien non.
Bref, le moral est bon : plus que quatre mois, et plus que trois mois encore !
Oui, le moral est bon, mangez-en.
Hibernation
- à compter d'aujourd'hui, ledit ordinateur sera privé d'alimentation électrique, et d'ailleurs de prise de courant, et ce quelles que soient les circonstances, du samedi soir au vendredi soir.
- la mesure précédente sera appliquée jusqu'au 22 février.
Du coup, du lundi au vendredi, je risque d'être aussi facile à joindre qu'un ragondin de l'espace. Amen.
Je crois ...
Pardonnez-moi, amis, pardonnez-moi, mon dieu
Je failli, je le sais, j'ai failli, j'en conviens
Comprenez bien aussi que je n'y pouvais rien
Je crois que je suis amoureux.
Je m'étais préparé bien des années pourtant
Pendant bien des journées je m'étais endurci

Barricadé, mon coeur, et bien fermés mes yeux
En vain ! Puisqu'un instant
un instant t'a suffi.
Je crois que je suis amoureux.
Tu m'as parlé, aussi, et ta voix, et ton rire
C'est bien plus que ce que je pouvais endurer
Un ange aurait déchu; moi, j'aurais résisté ?
Allons, soyons sérieux,
je me suis vu partir.
Je crois que je suis amoureux.
C'est bien court, quelques mots, pour tenter d'exprimer
Les joies irraisonnées, les changements d'humeur
La peur de te revoir, l'envie de te parler
Il me faudrait bien plus, il me faudrait des heures !
Non, des heures, c'est trop peu :
Je crois que je suis amoureux.
(Et c'est trop cher pour vous)
Jeunesse, tu n'es qu'un mythe inventé par les vieux
Ils veulent regretter, simplifient à outrance
J'ai été jeune aussi, on a déjà vu mieux.
Comment cela, aigri ? Oui, j'avoue l'être un peu
Que voulez-vous, messieurs, vous parlez de bonheur
Et avez rendez-vous chez le psy à trois heures
La vie est magnifique ? D'accord, mais prouvez-le.
Et moi, pendant ce temps, je reprends ma besogne
Que d'aucuns jugeront d'un ridicule fini
Car j'aide mon prochain; lui offre mes insultes
Lui donne mon mépris, m'en moque sans vergogne
Savez-vous, mes enfants, ce que c'est qu'être adulte ?
C'est quand, voyant son rêve, on demande le prix.
Découverte musicale : les Bobby Watson
Basiquement, on aime, ou on n'aime pas, mais ça semble bien parti pour faire du bruit sous peu. Pour ceux que ça intéresse, voici l'adresse de leur profil myspace : http://www.myspace.com/thebobbywatson
D'après ce que j'ai pu en voir, ils n'ont pas encore sorti d'album, mais tournent pas mal en salles de concert.
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Quelques mots ...
Lecteur, avant toute chose, je me dois de t'avertir du contenu de cet encart. Je ne vais pas m'y étendre sur ce que je suis, ou ne suis pas. Non pas pour ne pas t'ennuyer, c'est le cadet de mes soucis pour le moment ; mais pour ne pas trop en dévoiler. Ce blog est le mien, et m'est dédié de long en large : me dépeindre - ou tenter de le faire - en quelques mots serait, plus qu'une erreur, un mauvais calcul. Et je déteste faire de mauvais calculs, ça me frustre. Adoncques, voici plutôt quelques liens fort intéressants, que je t'encourage vivement à suivre, mais pas trop loin non plus, il s'agit de revenir après : Samoth, le site d'un projet de jeu de rôle libre, statique, un suissien bien plus intéressant que moi, et le château de ma mère, où ça cause bouquin par écran interposé. On n'arrête pas le progrès.
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